Publié le 15 juillet 2019

SOCIAL

[Le monde en 2050] Uniforme et plafond de CO2, la mode est au régime autoritaire

Novethic vous transporte en 2050 pour découvrir le monde secteur par secteur selon les grandes tendances identifiées par nos journalistes. Premier épisode: la mode. Après des décennies à vouloir réduire l’impact environnemental de la mode, les autorités sont passées à la vitesse supérieure. Chaque citoyen a un quota de CO2 à ne pas dépasser sous peine de ne pouvoir réaliser d’achat de vêtement pendant un an. Et tous doivent être confectionnés avec des déchets.

La mode en 2050
Pour réduire l'impact environnemental de l'industrie textile, la France a pris, en 2050, des mesures drastiques.
CC0

"Samia, vous pouvez maintenant commander un pantalon à moins de 5 kg d’équivalent CO2 ce mois-ci". Un voyant sur l’hologramme-tactile 6D de la jeune femme se met au vert. Ce moment, elle l’attendait avec impatience. Il faut dire qu’en mai, elle avait failli dépasser son plafond d’émission de CO2 de vêtement, ce qui lui aurait valu une sanction d'un an sans achat. Depuis 2045, le gouvernement a mis en place ce système de quota pour faire baisser l’impact environnemental de l’industrie textile, particulièrement élevé.

"Lauren, faites défiler la liste", demande Samia à son assistante vocale, "je veux un pantalon en champignon". L’étudiante en sélectionne un et l’enfile virtuellement, cela permettra aux fabricants d’avoir ses mesures. "Je prends celui-ci", décide-t-elle. Elle se trouve de suite connectée à l’usine qui va réaliser son vêtement. Il s’agit de Blina, une usine malienne certifiée par le gouvernement pour ses pratiques respectueuses de l’environnement et de ses salariés.

Chaque vêtement est certifié par le gouvernement

Sans cette certification, les vêtements des distributeurs ne peuvent apparaître dans la liste approuvée par le gouvernement. Or c’est la seule voie par laquelle les consommateurs ont le droit de passer pour acheter un vêtement. Surtout, tous les produits vendus doivent être réalisés avec des déchets. Les marques doivent s’approvisionner chez les poissonneries pour récupérer les écailles qui serviront à fabriquer les sacs, même chose pour la peau des ananas qui composent les chaussures.

La semaine dernière, le 8 septembre 2050, les autorités ont pour la énième fois démantelé un trafic de vêtements venus d’Asie. Certains continuent de s’accrocher à un ancien monde. Il faut dire que les industries des pays asiatiques, d’où étaient exportés la majorité des vêtements il y a encore 20 ans ont toutes mis la clé sous la porte, laissant des millions d’ouvrières sur le carreau. Un marché noir s’est ainsi développé mais il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges.

L’urgence mène à des régimes autoritaires

Les marques ont encore le droit de sous-traiter la fabrication de leur vêtement dans des pays étrangers, mais seulement si 70 % de la matière première provient du pays en question. L’enjeu pour les fabricants est de créer les vêtements les plus faibles en carbone.

Au début, bien sûr, cette idée a provoqué des manifestations. Les consommateurs arguant un système liberticide et les acteurs de la mode dénonçant la mort de l’industrie. Mais après des décennies à essayer de limiter l’impact du textile sans y arriver, les autorités, croulant sous les plaintes de citoyens, ont sorti les grands moyens. Les écoliers doivent désormais porter un uniforme, même en dehors des cours et chaque profession a également un code vestimentaire attitré. En 2050, l’urgence est telle que les pays sont tous dirigés par des régimes autoritaires.

Marina Fabre, @fabre_marina


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