Après "Fumer tue", indiquera-t-on bientôt que "Manger tue" sur les hamburgers ? Selon une nouvelle étude, avec 11 millions de morts par an, un régime alimentaire malsain est un risque plus important que l'alcool, le tabac, les rapports sexuels non protégés et la drogue réunis. Pour y remédier, les chercheurs ont mis au point un régime alimentaire idéal qui permettrait de sauver 11 millions de personnes tout en préservant la planète.

Que faut-il manger pour être en bonne santé, nourrir 10 milliards de personnes d’ici 2050 et préserver la planète ? C’est la question à laquelle ont essayé de répondre une trentaine de scientifiques de seize pays différents, collaborant avec la revue médicale britannique The Lancet et la fondation EAT. "Les régimes alimentaires actuels poussent la Terre au-delà de ses limites et sont source de maladies : ils sont à la fois une menace pour les gens et pour la planète", constatent les chercheurs qui ont tenté de définir le régime idéal.
L’étude assure de la nécessité d’un régime riche en plantes comme les fruits, légumes ou noix et faible en viande. Il faudrait ainsi "doubler la consommation mondiale de fruits, de légumes, de noix et de légumineuses" et "réduire de plus de 50 % celle de viande rouge et de sucres". Attention toutefois aux spécificités nationales. Pour un Américain du nord, la portion de viande devra être divisée par six alors que pour un Asiatique du sud-est il faudra au contraire la multiplier par deux.
Une personne peut à la fois souffrir de sous-nutrition et de surpoids
Ce régime alimentaire, plus équilibré, permettait de réduire de plus de 20 % la mortalité des adultes en évitant le décès de 11,6 millions de personnes par an. Aujourd’hui "un régime alimentaire malsain représente un risque plus élevé de morbidité et de mortalité prématurées que celui causés par la somme des rapports sexuels non protégés, l’alcool, les drogues et le tabac tout compris".
Cette conclusion n’est pas nouvelle. Un groupe d’experts britanniques du Global Panel on Agriculture and Food Systems for Nutrition estimait déjà en 2016 que la malbouffe constituait le risque numéro 1 pour la santé. Il évoquait notamment des risques de malnutrition infantile, d’hypertension, d’hyperglycémie, de surpoids et de cholestérol.
Or, en 2050, selon la FAO, trois milliards de personnes pourraient être atteintes de surpoids ou d’obésité. C’est la qualité de leur alimentation qui est pointée du doigt. Car une personne peut à la fois souffrir de sous-nutrition et de surpoids, indique l’étude. Plusieurs pays sont d’ailleurs déjà touchés par les deux phénomènes.
Obésité, sous-nutrition et changement climatique liés
Et la situation risque de s’aggraver avec le réchauffement climatique, estiment des chercheurs dans une étude publiée le 27 janvier dans The Lancet. Ils avancent que l’obésité, la sous-nutrition et le changement climatique sont liés.
"Ces trois phénomènes interagissent : le système alimentaire est non seulement responsable des pandémies d’obésité et de dénutrition, mais génère aussi 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre", écrivent les scientifiques. "Nos systèmes de transport dominés par la voiture favorisent un mode de vie sédentaire tout en générant de 14 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre". 
En France, le nombre de personnes souffrant d’obésité ou de surpoids a considérablement augmenté. Le Conseil national de l’Alimentation (CNA) estime, dans un rapport publié en septembre, que 18 millions de Français sont atteints d’obésité soit 17 % d’adultes et 4 % d’enfants. Avec de fortes inégalités sociales : un enfant d’ouvrier a quatre fois plus de risques d’être obèse qu’un enfant de cadre.
Marina Fabre @fabre_marina

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