Publié le 21 février 2019

SOCIAL

Glyphosate, phtalate... Les tampons et serviettes hygiéniques contiennent toujours des substances indésirables

Rien n'a changé. Malgré la demande de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) de réduire "la présence de substances chimiques" dans les tampons et serviettes hygiéniques, 60 millions de consommateurs, déplore, dans une nouvelle enquête, la persistance de résidus de glyphosate et de phtalates dans ces produits. Même les marques bio sont épinglées par l'association.

Des traces de glyphosate et de phtalates ont été retrouvés dans les protections intimes pour femmes.
©CC0

[Mise à jour le 22 février] C’était il y a huit mois. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait demandé aux fabricants de protections intimes féminines "d’améliorer la qualité de ces produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques".

Dans son rapport, l’Anses avait en effet détecté la présence de substances chimiques "en très faible concentration" dans les protections féminines, mais avait souligné que cela ne présentait pas de risque pour les utilisatrices. Son enquête faisait suite à l’alerte lancée par l’association 60 millions de consommateurs, qui, après analyse, avait révélé la présence de résidus de glyphosate, l’herbicide controversé de Monsanto et de phtalates.

Des traces respectant les seuils

Or aujourd’hui, rien a changé. Malgré les recommandations officielles, des résidus de substances chimiques indésirables sont toujours présents dans les protections intimes féminines (tampons et serviettes périodiques), déplore jeudi le magazine 60 millions de consommateurs.

Le syndicat des fabricants, Group'hygiène, a réagi en soulignant que "les rares substances détectées (...) le sont à l'état de traces, à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires (…) Le niveau peut être si faible qu'il équivaut à un carré de sucre dans 2 000 piscines olympiques", a ajouté le syndicat dans un communiqué, "Elles peuvent être présentes dans la majeure partie de l'écosystème agricole actuel et notre environnement : air, eau, sol...". Problème, selon l'Institut national de la consommation (INC) les seuils sanitaires "n'ont pas été établis pour une exposition via la vulve ou la muqueuse vaginale".  

Nett en haut du classement, Jho épinglé

C’est la marque Nett, qui obtient la meilleure note sur les tampons suivis par Carrefour, Labell, Organyc ou Nana. Mais 60 millions de consommateurs déplore que "le constat demeure. Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique".

Même les marques labellisées bios sont aujourd’hui mises en cause dans la nouvelle enquête de 60 millions de consommateurs. La marque Jho qui ne vend que des protections 100 % bio censées être "sans parfum, chlore, pesticides ou produits toxiques" est épinglée par l’association. "La barre fixée pendant leur test est juste exceptionnellement basse, cela s'est joué à quelques nanogrammes de traces de résidus", défendent le cofondatrices de la marque qui rappellent être une des rares marques à divulguer la composition de ses produits. 

Pour cause, "trop de marques restent floues sur les ingrédients utilisés dans leurs protections périodes", dénonce l'association qui milite pour une plus grande transparence.

Marina Fabre @fabre_marina avec AFP


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