Publié le 18 décembre 2020

SOCIAL

Emmanuel Macron promet un chèque alimentaire pour des produits bio à destination des plus modestes

Emmanuel Macron a annoncé le 14 décembre vouloir mettre en place des chèques alimentaires destinés aux plus précaires à utiliser pour des produits bio ou dans des circuits courts. Une manière de lutter contre la précarité, qui a explosé avec le Covid-19, tout en boostant les filières agricoles les plus responsables. La Convention citoyenne pour le climat, qui proposait cette mesure, voulait la financer via une taxe sur les produits ultra-transformés. 

Crise alimentaire france
Les associations d'aide alimentaire notent une hausse considérable des demandes depuis le Covid-19.
LAURENT PERPIGNA IBAN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

C’est une proposition de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) que le Président de la République s’est engagé à mettre en place. Emmanuel Macron a annoncé le 14 décembre être favorable au développement de "chèques alimentaires pour les plus démunis à utiliser dans les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) ou pour des produits bio". "Je suis d’accord sur le chèque alimentaire, donc il faut qu’on le fasse. Vous avez raison", a déclaré le chef de l’État.

Pour l’instant, l’Élysée n’a pas indiqué les détails de cette mesure. La CCC proposait-elle de taxer à 80 % les produits ultra-transformés à forte empreinte carbone pour financer les chèques alimentaires destinés à acquérir des produits durables issus de "l’agroécologie, des circuits courts". Problème : il n’est juridiquement pas possible "d’affecter directement les recettes de la taxe prévue par la proposition au financement des chèques alimentaires", reconnait la CCC.

Les citoyens tirés au sort préconisaient qu’un "engagement politique d’abonder les crédits budgétaires à l’occasion de chaque prochaine loi finances" soit pris "à hauteur du rendement de la taxe proposée". Cette mesure avait pourtant été écartée le 8 décembre lors d’une rencontre les citoyens de la CCC alors que "huit millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire", se désolait le député ex-LREM Mathieu Orphelin.

Le gouvernement, selon plusieurs membres de la Convention, voulait trouver un autre moyen de financer ces chèques. Avec l’explosion de la précarité et des demandes auprès des associations d’aide alimentaire en raison du Covid-19, le sujet est arrivé sur le dessus de la pile. Plusieurs think tanks ont d’ailleurs, ces dernières semaines, proposaient des mesures plus ou moins similaires. 

Justice sociale, défi climatique et relance économique

L’institut Terra Nova a ainsi proposé début décembre de mettre en place un "chèque vert" de 300 euros par an, financé à la fois par l’État et les entreprises. Inspiré des écochèques belges il permettrait d’acheter de l’alimentation bio mais également des produits de consommation courante dite verte comme des produits d’occasion notamment.

Il serait distribué aux plus modestes pour un coût de 4,5 milliards d’euros. Un système qui permettrait "à la fois de répondre au défi climatique, de servir l’impératif de relance économique et de soutenir les plus modestes", avance dans une note le directeur général de Terra Nova, Thierry Pech, également coprésident de la Convention citoyenne pour le climat. Bercy était jusqu’ici frileux, estimant que les primes pour les plus défavorisés étaient suffisantes mais l’annonce du chef de l’État pourrait rebattre les cartes. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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