Publié le 26 octobre 2018

SOCIAL

Asticots, crottes de rats, pesticides, additifs... Dans les coulisses du monde de l'agroalimentaire

Les pieds dans le plat. Christophe Brusset a travaillé pendant des années pour des multinationales de l'agroalimentaire. Entre les asticots dans la soupe, les crottes de rats dans les épices, les pesticides interdits, les additifs à gogo, il raconte les coulisses d'un monde à la dérive dans son livre "Et maintenant on mange quoi".

Christophe Brusset, lanceur d'alerte dans l'agroalimentaire, dénonce la complicité des politiques dans les arnaques mises en place par les industriels de l'agroalimentaire.
@Flammarion

Attention, ce livre peut contenir des passages heurtant la sensibilité du consommateur. Christophe Brusset, ingénieur agronome, à travailler en tant qu'acheteur pour des multinationales de l'agroalimentaire pendant des années. Après "Vous êtes fous d'avaler ça", il revient avec "Et maintenant on mange quoi" (éd. Flammarion). Un nouvel opus sur les coulisses de ce monde de l'agroalimentaire à la dérive mais surtout un petit guide destiné au consommateur soucieux de ne pas tomber dans les pièges des industriels.

Premier conseil du lanceur d'alerte, "éviter de manger des produits transformés, favoriser au maximum les aliments frais et non préparés". En connaissant les petits arrangements de l'agroalimentaire, vous n'aurez pas de mal à vous en détourner.

Du miel frelaté aux asticots dans la soupe

Si dans votre purée de framboise ou votre soupe aux cèpes vous trouvez des vers, des bouts de feuilles, des asticots, de la moisissure, ne vous étonnez pas, c'est normal. "Bien entendu, les premiers prix avaient plus d'asticots, étaient plus verts que blancs, d'une qualité inférieure", écrit-il.

De même, lorsque vous pensez manger un bon miel issu directement de la ruche, il peut s'agir très probablement de miel frelaté chinois coupé avec du sucre liquide de riz ou de maïs. Les miels mélangés importés représentent aujourd'hui 75 % des miels consommés en France.

Pesticides et additifs, des poisons autorisés 

Mais "ce qui me choque le plus, ce n'est pas que des industriels avides nous fassent manger des crottes de rats ou des asticots de temps en temps, car cela n'aura finalement aucune incidence sur notre santé", explique Christophe Brusset, "Non, ce qui me révolte véritablement c'est qu'on légalise l'empoisonnement collectif uniquement pour assurer les profits de multinationales très riches et hyperpuissantes".

L'ingénieur agronome cite par exemple 400 additifs que les industriels ont droit de ne pas déclarer. Des produits pourtant dangereux pour la santé comme le diméticone, utilisé dans les jus d'orange, qui est en réalité un anti-poux et un anti-moussant. Ou encore un solvant chloré utilisé dans les usines de décaféination.

Les politiques cèdent aux lobbies 

Ces "poisons autorisés" sont dus à un lobbying très actif des industriels, de la "corruption pure", dénonce Christophe Brusset qui pointe la responsabilité des politiques dans ce système. "Aujourd'hui, ce sont les multinationales qui ont le pouvoir, avec l'aval des politiques", raconte-t-il à Novethic.

Difficile face à ce constat, de ne pas céder au pessimisme. Pourtant, Christophe Brusset garde espoir. "La nouvelle génération est très sensible aux questions alimentaires. On voit avec le succès des applications comme Yuka que les consommateurs souhaitent savoir ce qu'ils mangent. Ils y sont de plus en plus attentifs", estime-t-il.

En attendant que les industriels se responsabilisent car les consommateurs se seront détournés de leurs produits, mieux vaut manger du frais et du bio, conseille l'ingénieur agronome. Quitte à passer plus de temps en cuisine, à manger moins, mais mieux. C'est pour l'instant la seule issue sécurisée.

Marina Fabre @fabre_marina 


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