Publié le 15 juin 2018

SOCIAL

Nestlé, Unilever et Danone en tête des grandes marques pour leur politique en matière de nutrition

Les grandes entreprises font de plus en plus d’effort pour rendre leurs produits plus sains, moins chers et plus accessibles. C’est le point positif de l’indice d’accès à la nutrition 2018. Côté négatif, la plupart des sociétés ne prennent pas encore assez de mesures pour que les plus pauvres aient accès à des régimes plus sains. Et moins d’un tiers des produits sondés par la fondation "Access to nutrition" ont été jugés sains…

Moins d’un tiers des produits analysés par la fondation access to nutrition ont été jugés sains en matière de qualité nutritionnelle
sergeyryzhov

Les grandes marques d’alimentation comme Nestlé, Unilever et Danone, intensifient leurs efforts en matière de transparence, de nutrition et d’accessibilité. Ces trois multinationales sont d’ailleurs distinguées par la fondation Access to nutrition (ATNF) dans l’édition 2018 de leur indice mondial. Celui-ci mesure les efforts déployés par les 22 plus grandes entreprises agro-alimentaires, représentant 500 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans 200 pays, pour réduire les problèmes de santé dus à de mauvaises habitudes alimentaires.

"Leurs produits jouent un rôle de plus en plus marqué dans le régime alimentaire de millions de personnes. Les indices sont conçus pour déterminer dans quelle mesure les entreprises sont responsables dans leur façon de fabriquer, de vendre et de commercialiser leurs produits pour s’attaquer à la crise mondiale de la nutrition et contribuer aux Objectifs de Développement Durable", précise la fondation.

Moins d’un tiers de "produits sains"

Nestlé arrive en tête du classement avec des performances supérieures à la moyenne dans toutes les catégories et de meilleurs résultats qu’en 2016, souligne la fondation. Neuf sociétés obtiennent un score au moins de 5 sur 10, au lieu de seulement 2 en 2016. La notation moyenne globale grimpe de 2,5 à 3,3 sur 10, ce qui reste toutefois faible. Parmi les mesures qui ont permis cette amélioration, la fondation salue les efforts de plusieurs entreprises pour lutter contre la sous-nutrition, par exemple en enrichissant les aliments, en améliorant l’étiquetage ou en apportant leur soutien à des programmes d’éducation.

Pour autant, la plupart des entreprises ne prennent pas encore suffisamment de mesures pour que les plus pauvres aient accès à des régimes plus sains. Surtout, la fondation alerte sur le fait que moins d’un tiers des produits ont été jugés sains en matière de qualité nutritionnelle, c’est-à-dire pas trop salés, sucrés ou gras et avec des teneurs en fibres suffisantes.

"La différence entre notre analyse et les évaluations des entreprises souligne le besoin de plus de transparence sur la façon dont les fabricants mesurent la salubrité de leurs produits et fixent des objectifs pour l’améliorer", souligne ainsi Paulus Verschuren, président de la fondation.  

Responsabiliser davantage les cadres et conseils d'administration

Un des produits analysés est le substitut du lait maternel, essentiel pour jeter les bases d’une alimentation saine. Il est régi par un code international de commercialisation. Or les études de la fondation ont recensé près de 3 000 cas de commercialisation non-conformes rien qu’en Thaïlande et au Nigeria. Pour ce produit, c’est Danone qui se distingue pour la qualité de ses substituts, avec des gros efforts entrepris depuis le dernier classement en 2016.

Pour améliorer la qualité nutritionnelle des produits, la fondation fait plusieurs recommandations pour des gammes de produits sains plus étendues, un meilleur étiquetage ou une vigilance particulière sur les produits vendus sur internet notamment concernant le lait infantile. En matière de gouvernance, la fondation incite également les entreprises à responsabiliser davantage les cadres supérieurs et les conseils d’administration sur les engagements en matière de nutrition.  

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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