Publié le 04 juillet 2020

SOCIAL

[À l’origine] En 1948, La Vie Claire lance un premier magasin bio avant l'heure

Le marché du bio a connu un vrai boom pendant le confinement. Si la grande distribution tient désormais une place majeure dans le marché, ce sont les enseignes spécialisées comme La Vie Claire qui ont ouvert la voie. En 1948, alors que le label AB n'existait pas encore, la Vie Claire lance un premier magasin bio en France. Aujourd'hui, elle est la deuxième enseigne spécialisée et compte plus de 360 magasins. 

La vie claire 1948 bn
En 1948, alors que le label AB n'existait pas encore, la Vie Claire lance un premier magasin bio en France.
@ La vie claire

La vie revue 1946C’est un véritable plébiscite. Pendant le confinement lié au Covid-19, l’alimentaire bio a tiré son épingle du jeu avec un boom de 63 % des ventes. Mais cette vague a surtout profité aux grands groupes de la distribution comme Leclerc et Carrefour qui prennent de plus en plus de place sur ce marché grâce, notamment, à des prix bas. Pourtant, les enseignes historiques et spécialisées, comme La Vie Claire, pionnière du genre en France, ont une politique très différente. 

L’origine de La Vie Claire tient d’ailleurs à la propre santé de son fondateur, Henri-Charles Geffroy. Ancien combattant de la première guerre mondiale, le jeune homme souffre des conséquences du gaz inhalé sur les champs de bataille. En 1935, les médecins ne lui donnent pas trois mois à vivre. Mais suivant la méthode des médecins allemands Sauerbruck et Gerbson, qui a déjà fait ses preuves sur de grands nombres de gazés et de tuberculeux, il modifie son régime alimentaire en évitant la viande au profit de fruits crus, de légumes et de céréales.

 

Le remède fait des miracles et va inspirer ce fils d’éditeur parisien pour lancer la revue La Vie Claire en 1946. Apolitique, indépendante, sans but lucratif, ni attache confessionnelle, elle s’adresse à ceux qui aspirent à “penser clair, à voir clair, à agir clair et à vouloir vivre clair.’’ On y traite d’alimentation saine mais aussi de nucléaire, de rejet de la pollution et de sujets sociétaux. C’est de celle-ci que naîtra la coopérative moins de deux ans plus tard, qui prend son essor en province en quelques années sous la forme de l’entreprise "l’Aliment Sain".

En 1996 : Bernard Tapie revend La Vie Claire

À l’époque, on ne parle pas forcément d’agriculture biologique et il n’existe pas de label. "La coopérative sera ouverte en 1948 pour aider les lecteurs à s’approvisionner", explique la sociologue Christine César dans la revue Écologie et politique. L’enseigne permet ainsi aux lecteurs de la revue de trouver les produits qui préfigurent les contours de la distribution bio : des produits sains, sans traitement, des protéines végétales et du pain complet…

Dans les années 80 pourtant, l’image de l’entreprise se ternit. Ringardisée, elle est reprise par le groupe de Bernard Tapie qui rénove le réseau. Mais le succès n’est pas au rendez-vous. "La Vie Claire grandit trop vite et dépasse les 200 points de vente sans trop être regardant sur les conditions d’implantation. La rentabilité s’effondre", raconte le magazine spécialisé LSA. En 1996, après 15 ans à sa tête, Bernard Tapie revend l’affaire à Distriborg, connu du grand public avec les marques Bjorg ou Bonneterre. C’est cette dernière qui a remis l’enseigne sur le chemin de la rentabilité. Les 360 magasins réalisent un chiffre d’affaires en progression constante ces dernières années, à plus de 300 millions d’euros.

Béatrice Héraud, @beatriceheraud et Marina Fabre, @fabre_marina


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