Les robots ne sont finalement peut-être pas encore prêts à prendre la place des humains et à provoquer un chômage technologique de masse. Pour Elon Musk, le PDG de Tesla, le retard pris dans la production sa voiture électrique Model 3 est dû à une automatisation excessive de son usine ultramoderne en Californie.

Depuis plusieurs semaines, les actionnaires et investisseurs s’inquiètent des retards pris dans la livraison de la Tesla Model 3, alors que les demandes des consommateurs affluent. Non seulement, le fabricant n’a pas réussi à atteindre une production de 2 500 unités par semaine au premier trimestre 2018, atteignant à peine plus de 2000 véhicules. Mais de plus, la marque a dû rappeler 123 000 modèles produits en 2016, suite à une corrosion excessive de certains équipements.
Pour les investisseurs et analystes, le problème proviendrait de la trop forte robotisation de la chaîne de production de la Tesla Factory de Fremont en Californie. Elon Musk, le fondateur et PDG de Tesla, vient de l’admettre à son tour. Dans un tweet, il écrit : "Oui, l’automatisation excessive chez Tesla était une erreur. Pour être précis, mon erreur. Les humains ont été sous-estimés".




Pour répondre à ces inquiétudes, le patron a ouvert les portes de son usine de la Silicon Valley pour la première fois à des journalistes, ceux de CBS. Il explique : "Nous avions ce réseau fou et complexe de convoyeurs. Et ça ne fonctionnait pas, alors nous nous sommes débarrassés de tout ça". Il ajoute : "Nous nous sommes laissés aller à certaines choses que nous estimions être notre cœur technologique".

En conséquence, l’entreprise a annoncé, lundi 16 avril 2018, une fermeture temporaire de sa ligne d’assemblage du Model 3 pour "améliorer l’automatisation et traiter systématiquement les goulots d’étranglement afin d’augmenter les taux de production". L’enjeu est d’atteindre, dès le second trimestre, une production de 2 500 unités hebdomadaires et à court terme plus de 5 000.
Une transition trop rapide
Atteindre ces objectifs est essentiel car, avec la Model 3, Tesla se donne pour mission de promouvoir le virage de la mobilité électrique avec le monde. Cette berline à 35 000 dollars, est bien plus accessible que les modèles précédents de la marque emblématique. Elle affiche une autonomie de 350 kilomètres, qui peut être accrue à 500 km moyennant une option de quelques milliers de dollars.
Au-delà du cas de Tesla, ce revirement sur l’automatisation interroge tout l’avenir de l’industrie. Qu’un "techno-enthousiaste" comme Elon Musk, également fondateur de SpaceX, fasse machine arrière pour remettre un peu d’humain au cœur de son usine à la pointe du savoir-faire numérique interroge.
De nombreuses études sur le travail prédisent en effet que les robots, l’intelligence artificielle et l’automatisation vont entraîner un chômage de masse à court terme. On pense par exemple aux analyses du cabinet McKinsey. Il prédit que d’ici 2050, entre 40 et 50 % des emplois pourraient être automatisés dans les 46 premières économies mondiales. La France, peu industrialisée, est plutôt en bas de l’échelle avec 43,1 %. Là où le Japon est en première position avec 55,7 %. 
Ludovic Dupin @LudovicDupin

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