Publié le 11 décembre 2019

SOCIAL

Édouard Philippe promet un système de retraite "solidaire" et "responsable" : cinq points à retenir de ses annonces

Un âge d'équilibre à 64 ans, des femmes mieux protégées, une pension minimale de 1000 euros pour une carrière au SMIC... En pleine crise sociale, Édouard Philippe a défendu un système de retraite universel "solidaire", "durable" et "responsable". Sans vouloir entrer dans un "rapport de force", le Premier ministre s'est dit "déterminé" par la mise en place de cette nouvelle réforme. 

Edouard philippe re forme des retraites
Le projet de loi sera présenté le 22 janvier devant le Conseil des ministres avant d'être présenté à l'Assemblée.
Matignon

"Le temps du système universel est venu, celui des régimes spéciaux s’achève". Cette phrase est le point d’orgue du discours d’Édouard Philippe qui a présenté, ce 11 décembre, la réforme des retraites devant le Conseil économique social et environnemental. Pendant plus d’une heure, le Premier ministre a détaillé cette "refondation""La France n’a pas fait le choix et ne fera jamais le choix du chacun pour soi et du tant pis pour les autres", a-t-il défendu. Il parle d'un "nouveau pacte entre les générations". Cinq points forts ont été évoqués.

Une pension minimale de 1000 euros 

Édouard Philippe a défendu un "retour aux sources" des principes du système conçu en 1945. "Nous devons construire la protection sociale du XXIème siècle en prenant mieux en compte les nouveaux visages de la précarité", a-t-il assuré, évoquant les livreurs à vélos des plateformes numériques ou les caissières à temps partiel. Répondant indirectement aux critiques des opposants à la réforme, le Premier ministre a tenté de rassurer en promettant une pension minimale de 1000 euros par mois pour une carrière au SMIC. "Ce sera une conquête pour les agriculteurs, les artisans, les commerçants. Le gouvernement ira même plus loin, le minimum de pension sera garanti par la loi à 85 % du SMIC et évoluera comme celui-ci. Les travailleurs à temps partiel ne seront plus pénalisés. Des points seront alloués comme aujourd’hui pour compenser les périodes de chômage et de maladie."

Les femmes, "grandes gagnantes"

Alors que plusieurs organisations syndicales ont pointé une réforme qui pénaliserait surtout les femmes, Edouard Philippe a au contraire défendu un nouveau système plus égalitaire. "Les femmes seront les grandes gagnantes du système universel.  Aujourd’hui, les pensions des femmes sont inférieures de presque de moitié à celles des hommes. Qui peut l’accepter ? Personne",  a-t-il déclaré, "80 000 femmes chaque année sont contraintes d’attendre 67 ans, à terme elles pourront toucher leur pension 2 à 3 ans plus tôt qu’aujourd’hui", a fait valoir le Premier ministre. Il a promis une maternité compensée à 100 % et des points supplémentaires pour chaque enfant. 

Les plus riches devront cotiser plus 

"Le système universel est fondé sur la solidarité nationale. D'une certaine façon, il est la solidarité nationale", a avancé Édouard Philippe en annonçant qu’à partir de 120 000 euros de revenus annuels "les plus riches paieront une cotisation de solidarité plus élevée pour financer des mesures de solidarité pour tout le monde. C’est un effort juste, le reste n’est que littérature, fut-elle tristement erronée". Le Premier ministre fait ici référence aux critiques émanant notamment de l’économie Thomas Piketty qui avait déclaré que le taux de cotisation retraite des cadres aux plus hauts revenus - plus de 10 000 euros par mois - serait dix fois inférieur à celui des smicards. 

Un âge d’équilibre à 64 ans 

Pour financer ce système de réforme, le Premier ministre a appelé à la "responsabilité". "La responsabilité, c’est de tenir compte de données économiques et géographiques incontestables, comme tous nos voisins l'ont fait. Il y avait quatre actifs pour financer un retraité en 1950, 1,7 aujourd’hui. Cela nous oblige à bâtir un système sur de bases plus solides", explique-t-il. La seule solution, pour le Premier ministre, est de travailler plus longtemps. Pour cela, l’âge minimal de départ à la retraite, fixé à 62 ans, ne sera pas retoqué mais il s’agira d’inciter les Français à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus. L’âge d’équilibre sera lui fixé à 64 ans, le gouvernement ayant, sur ce point, suivi la proposition du Conseil d’orientation des retraites. 

Des spécificités pour les régimes spéciaux

Les enseignants, qui ont manifesté leur colère, ne "perdront pas le moins euro de pension", a promis le Premier ministre. Les pompiers, politiciens, militaires, gendarmes… qui sont exposés à des missions dangereuses conserveront leur bénéfice de dérogation d’âge. Le Premier ministre reconnait également des seuils de pénibilité pour les aides-soignantes et infirmières et la mise en place de temps partiels en fin de carrière. Surtout, pour assurer une transition "douce", seuls ceux nés après 1975 seront concernés par cette réforme. Le génération 2004, sera la première à entrer dans le futur système de retraite. Pour les autres actifs, les anciennes règles primeront jusqu’en 2025. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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