Publié le 08 février 2018

SOCIAL

Les métallos allemands passent à la semaine de 28 heures

Après un douloureux bras de fer, le syndicat de la métallurgie allemande a obtenu une réduction du temps de travail à 28 heures par semaine pour les salariés qui le souhaitent. Une demande motivée par une meilleure conciliation entre vie privée et vie professionnelle. Le patronat a accepté, mais sans compensation financière. "Désormais, le temps est plus important pour beaucoup de gens que l'argent", a déclaré le président de la Confédération syndicale allemande du Nord.

Plusieurs manifestations ont eu lieu en Allemagne pour réclamer une hausse des salaires et une réduction du temps de travail à 28h.
IG Metall - Twitter

Après plus d'un mois de conflit, les métallos allemands ont - en partie - obtenu satisfaction. Le syndicat IG Metall, représentant 3,9 millions d'employés dans le secteur de la métallurgie demandait, depuis le 8 janvier dernier, une augmentation de salaire ainsi que la possibilité d'une réduction du temps de travail à 28 heures par semaine, sur une période de deux ans, avec compensation financière.

Pour deux ans maximum

Après une phase de négociation avec le patronat –  appuyée par des débrayages - un accord de branche a été signé dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 février. Pour l'instant, il ne concerne que la région de Bade-Wurtemberg, où plusieurs constructeurs automobiles sont installés, mais il devrait s'élargir à tout le secteur.

La demande la plus symbolique a été acceptée, celle d'une semaine à 28 heures, mais les conditions sont assez restrictives. D'abord, ce temps de travail ne sera accordé qu'aux salariés ayant au moins deux ans d'ancienneté. Et, ceux-ci ne pourront en bénéficier que pendant 6 à 24 mois, avant de reprendre leur emploi à plein temps. Ensuite, et c'est sur ce point que le bras de fer était le plus intense, il n'y aura pas de compensation financière. Autrement dit, il s'agit plutôt d'un temps partiel provisoire.

"C'est le début d'un modèle de temps de travail moderne"

Alors que le syndicat s'opposait fermement à un dépassement des 35 heures, il a dû céder sur ce point. Désormais, ceux qui le souhaitent, pourront travailler 40 heures. De même, l'IG Metall demandait une augmentation de salaire de 8 %, il a obtenu une hausse de 4,3 % ainsi que des primes.

Malgré cela, le syndicat estime ce compromis "supportable". Dans une interview au journal allemand Shz.de, le président de la Confédération syndicale allemande du Nord a estimé que cet accord marquait un tournant. "Vous pouvez voir que désormais le temps est plus important pour beaucoup de gens que l'argent. C'est le modèle de l'avenir – et les employeurs devront en tenir compte", a-t-il déclaré. "C'est le début d'un modèle de temps de travail moderne", a renchéri Meinhard Geiken, membre de l'IG Metall dans le sud-ouest.

Dans un communiqué, la fédération patronale a elle-même convenu que cette nouvelle convention allait "aider les salariés à mieux combiner vie professionnelle et vie privée".  

Marina Fabre @fabre_marina


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