Publié le 09 avril 2018

SOCIAL

Et si la grève à la SNCF servait de levier pour développer les nouvelles formes de travail et de mobilité

Coworking, co-voiturage, fablabs, autopartage... Pour un grand nombre de salariés ces pratiques ne veulent pas dire grand-chose. Mais, elles pourraient bientôt devenir très concrètes. Alors que la grève des transports à la SNCF court jusqu’au 28 juin, les entreprises et leurs salariés seront amenés à tester ces nouvelles façons de travailler et de se déplacer, bonnes pour la planète et le bien-être au travail.

À défaut de se retrouver bloquer dans les transports, la région Île-de-France propose plus de 600 espaces de coworking.
@ludovicMarin/AFP

Et si la grève à la SNCF était l’occasion d’expérimenter de nouvelles formes de travail et de tester des modes de déplacement plus durables ? Avec un mouvement social prévu sur trois mois, l'expérience va être possible à grande échelle. Même s'il faut rappeler que, légalement, une grève n'exonère les salariés pas d’aller travailler, car elle ne constitue pas un cas de force majeure.  

En cas d’absences répétées, votre employeur ne pourra pas vous sanctionner, mais il pourra en revanche vous demander de récupérer les heures perdues, de poser une journée ou même faire une retenue sur votre salaire. Alors pour éviter de tels désagréments, le temps est peut-être venu de s’essayer à des alternatives.

Travailler hors de l’entreprise  

Outre le travail à domicile que vous pouvez solliciter si votre poste vous le permet, vous pouvez aussi aller vous installer dans l’un des 800 tiers lieux que compte la France. Ces nouveaux bureaux du XXIe siècle regroupent à la fois espaces de working, bureaux mutualisés, centres d’affaires, télécentres ou encore fablabs. Ils proposent une façon de travailler plus collaborative, puisque sont mélangées dans un même endroit des personnes aux compétences et métiers divers qui n’auraient pas été amenées à se croiser autrement.  

Aujourd’hui, si la majorité des utilisateurs de ces espaces restent des free-lances ou des startupers, les salariés prennent petit à petit leur place. Ils comptent pour 6 % des effectifs. Le groupe Générali ou Crédit Agricole Île-de-France par exemple proposent à leurs collaborateurs de travailler dans un tiers-lieu deux jours par semaine, dans un souci de bien-être mais aussi environnemental.  

La région Île-de-France pousse également ses salariés à découvrir ces nouveaux lieux de travail. À l’occasion de la grève à la SNCF, la collectivité a même publié une cartographie des tiers-lieux dans la région. Elle en répertorie 620, et a pour objectif d’en ouvrir 1 000 de plus d’ici 2021. Une façon de séduire notamment les jeunes actifs, dont plus de 90 % rejettent le bureau classique selon la Coopérative des tiers-lieux.  

Se déplacer autrement  

Et si vraiment, vous devez vous rendre au travail, les solutions ne manquent pas : Vélo, trottinette, gyropode, ou marche à pied... à condition de ne pas habiter trop loin de son lieu de travail. Des vélo-écoles proposent par exemple des cours pour ceux qui ne seraient pas rassurés par l’idée de remonter en selle. Des associations peuvent même vous accompagner sur votre premier trajet et vous montrer le parcours le plus sécurisé.

Si la voiture est indispensable, les applications d’auto-partage, de co-voiturage, de court-voiturage ou encore d’auto-stop sont disponibles. Par exemple, la Ville de Paris a quant à elle lancé fin mars le dispositif Autostop-Citoyen avec Waze, Facebook et la SNCF. Pour les conducteurs volontaires, il suffit d’imprimer un macaron et de le mettre bien en vue sur son pare-brise pour signaler qu’on est prêt à prendre des auto-stoppeurs. 

Concepcion Alvarez, @conce1


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