Publié le 24 août 2020

POLITIQUE

Report du plan de relance : le gouvernement veut se concentrer sur les protocoles sanitaires de la rentrée scolaire

Cela fait des semaines que le plan de relance de l’économie française est attendu afin de soutenir les entreprises et éviter une explosion du chômage. Mais la date initiale du 25 août est reportée d’une semaine. L’imminence de la rentrée scolaire soulève de nombreux enjeux sanitaires liés à l’épidémie du Covid-19. Le gouvernement a décidé de prioriser ce sujet, alors que la circulation du virus accélère dans le pays.

Macron Castex LudovicMarin AFP
L'exécutif a décidé de reporter l'annonce du plan de relance pour prioriser la dimension sanitaire de la rentrée scolaire.
@LudovicMarin/AFP

La semaine était essentielle pour le gouvernement sur le plan économique. Jean Castex aurait dû présenter mardi 25 août le plan de relance de la France. Un programme à 100 milliards d’euros censé relancer une économie exsangue et redonner espoir à des Français face à la crise. Quatre piliers devaient le guider : l’indépendance industrielle, la transition écologique, l’emploi et la solidarité. L’enjeu est de taille mais il va falloir attendre. Le gouvernement a annoncé un report d’une semaine en raison de l’urgence sanitaire.

La présentation du plan de relance est repoussée à "la première semaine de septembre", a annoncé dans un communiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Le plan, qui "est prêt" et dont "le calendrier est maintenu", sera présenté "au lendemain d'une rentrée (le 1er septembre, ndr) dont nous devons d'abord assurer les bonnes conditions d'organisation" en raison de la lutte contre le Covid-19, poursuit le ministre. Il précise, qu’à ce sujet, un conseil de défense aura lieu mardi 25.

Bercy relativise la gravité de ce report

"Alors qu'entrera en vigueur (le 1er septembre) l'obligation du port du masque en entreprise et pour les élèves des collèges et lycées, le gouvernement est pleinement mobilisé pour préparer cette échéance sanitaire", écrit Gabriel Attal. Les ministres concernés sont invités toute la semaine prochaine à régler "les modalités précises" de cette obligation et à "poursuivre les rencontres engagées avec leurs secteurs respectifs pour les accompagner et garantir avec eux la bonne application" des nouvelles mesures sanitaires.

Ce report brutal a pris par surprise de nombreux acteurs publics et privés, impliqués dans ce vaste programme. Tous étaient prêts à dérouler leurs engagements à l’aune des directives gouvernementales, dont le but est de redonner à la France son niveau de richesse d’avant-crise. Bercy relativise toutefois les conséquences de ce délai. Selon le ministre Bruno Le Maire, le report d'une semaine du plan de relance n'est pas très grave dans la mesure où "les mesures importantes pour les Français dans l'immédiat sont déjà là".

Protocole sanitaire des entreprises

Il fait référence à celles sur le pouvoir d'achat et l'emploi, avec par exemple l'augmentation de l'allocation de rentrée scolaire et les aides à l'emploi des jeunes et à l'apprentissage. Le Medef appuie la décision gouvernementale : "On peut attendre une semaine, l'important (du plan de relance) c'est son contenu". "Dans l'immédiat, il faut bien adapter le protocole sanitaire à la réalité des entreprises", ajoute l’organisation patronale. Cette dernière craint que des protocoles trop rigides ne freinent la reprise économique.

Cette décision du gouvernement est prise alors que "la circulation du virus s'accélère" en France, assure la direction générale de la santé. La progression du coronavirus a en effet atteint des niveaux inédits depuis le mois de mai, avec plus de 4 500 nouveaux cas détectés par jour depuis jeudi. Un indicateur en augmentation régulière (+43 % la semaine dernière, +39 % la précédente), alors même que le taux de dépistage est "stable", avec près de 700 000 tests actuellement pratiqués par semaine.

Ludovic Dupin avec AFP


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