Publié le 01 juillet 2020

POLITIQUE

L’État pense pouvoir sauver 2 000 des 5 000 emplois qu’Airbus va supprimer en France

Airbus annonce un lourd plan de licenciements suite à la crise du Covid-19 qui a mis à genoux le secteur aéronautique. Ce sont 15 000 emplois qui vont être supprimés dont 5 000 en France, soit 10 % des effectifs. Un chiffre excessif selon le gouvernement qui appelle l’entreprise à faire appel à toutes les aides d’État.

A330 800 Avion de ligne air france Airbus Airbus
En difficulté, Airbus va supprimer 15 000 emplois dont 5 000 en France.
@Airbus

Les dispositifs d'aide de l'État devraient permettre de "sauver" 2 000 emplois, sur les 5 000 postes qu'Airbus entend supprimer en France, a assuré mercredi le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. "Il est envisagé, au niveau mondial, 15 000 suppressions d'emplois, dont 5 000 en France, mais ça ne tient pas compte des différents dispositifs d'État, et des dispositifs d'entreprise", a relevé Jean-Baptiste Djebbari sur BFMTV et RMC.

L’avionneur a annoncé mardi 30 juin la suppression d'environ 15 000 postes, soit 11 % de ses effectifs, dont 5 100 postes en Allemagne, 5 000 en France, 1 700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne et 1 300 sur les autres sites du groupe dans le monde. Un plan que Bercy juge "excessif". "Nous attendons d'Airbus qu'il utilise pleinement les instruments mis en place par le gouvernement pour réduire le nombre des suppressions d'emplois", indique une source gouvernementale.

Un contexte difficile

"Si vous mettez en place l'activité partielle longue durée (...), c'est 1 500 emplois qui seraient sauvés" en France, où Airbus employait 49 000 personnes fin 2019. "On investit aussi massivement sur l'avion de demain, la nouvelle génération d'avions verts, sobres en carbone, c'est 500 emplois qui vont être sauvés pour Airbus. Déjà 2 000 emplois !", explique Jean-Baptiste Djebbari.

S'ajoutent, selon lui, "les dispositifs d'entreprise : le volontariat, les départs volontaires, les congés formation. (…) L'État demande à Airbus de faire en sorte qu'il y ait le moins de départs contraints, le moins de licenciements secs possible", a-t-il insisté. "Je veux être un homme politique réaliste", a-t-il ajouté. "Airbus a vu au même moment et partout dans le monde ses commandes annulées ou stoppées, et Airbus envisage une activité réduite à 60 % pendant deux ans. Il y a un contexte."

"Quand on dit que depuis le début du Covid, on a eu 98 % du trafic aérien qui s'est effondré, que la crise est possiblement durable, on parle de retour à la normale en 2023, 2024, 2025... Moi, je ne sais pas dire comment les Français, les Européens vont revoyager. Je ne sais pas dire s'ils vont revoyager loin, je ne sais pas dire si la clientèle d'affaires va revenir dans les avions... (...) Et ne sachant pas dire ça, je ne sais pas prévoir les carnets de commandes des avions."

Airbus sceptique

Si l'avionneur n'exclut pas des licenciements, il compte sur les départs volontaires, des mesures de retraite anticipée et sur les dispositifs de chômage partiel pour les limiter. Concernant les effets de l'activité partielle de longue durée en France, son président exécutif, Guillaume Faury, s'était montré plus prudent que le secrétaire d'État aux Transports, dans un entretien à l'AFP mardi.

"On ne connaît pas les modalités précises du dispositif (...) donc il faut parler avec prudence, mais on pense qu'on peut aller jusqu'à à peu près 1 000 emplois, des gens qu'on aimerait pouvoir garder dans l'entreprise jusqu'au premier trimestre 2022", avait-il dit.

Ludovic Dupin avec AFP


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

POLITIQUE

Politique

Les acteurs politiques sont les seuls à même d'activer les grands leviers qui permettront, à grande échelle, la transformation responsable de l'économie et de la finance. Des conditions sine qua nonpour s'orienter vers un modèle soutenable.

Jean castex covid 19

Covid-19 : Jean Castex met 46 millions de Français sous couvre-feu

Face à l'évolution "rapide et préoccupante de l'épidémie", Jean Castex vient d'étendre le couvre-feu de 21 heures à six heures du matin dans 38 départements supplémentaires pour un total de 54. 46 millions de Français sont désormais concernés. Les effets ne seront visibles que dans deux à trois...

Hommage Samuel paty ChristopheArchambault AFP

Après l’assassinat de Samuel Paty, la haine sur les réseaux sociaux devient la cible prioritaire du gouvernement

Le lynchage de l’enseignant Samuel Paty sur les réseaux sociaux a conduit à son assassinat. Le Premier ministre veut créer un délit "de mise en danger par la publication de données personnelles" sur Internet. Une nouvelle loi qui remplacera la loi Avia sur la haine en ligne, censurée par le Conseil...

Manifestation bastille attentat Samuel Paty SamirMaouche HansLucas AFP

Séparatisme, École, Réseaux sociaux : Emmanuel Macron riposte après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine

La mort du professeur Samuel Paty, décapité pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression, a vivement fait réagir l’Exécutif. Il annonce des réponses fortes, dès cette semaine, concernant le contrôle des associations soupçonnées de séparatisme ou de...

Nature Joe Biden election Nature

La revue scientifique Nature apporte son soutien à Joe Biden contre Donald Trump qui "méprise les faits et la vérité"

Pour la troisième fois consécutive, la grande revue scientifique Nature prend parti pour un candidat à l’élection présidentielle américaine. Mercredi 14 octobre, le journal a annoncé son soutien à Joe Biden dans la course à la Maison Blanche. Dans un édito, elle descend en flamme Donald Trump,...