Publié le 11 mai 2020

POLITIQUE

L’après 11 mai inaugure un vrai-faux déconfinement en France

L’après 11 mai ne marquera pas un retour à la vie normale. Depuis que cette date de déconfinement a été annoncé par le Président de la République, le gouvernement a redoublé de précautions. Édouard Philippe n’a cessé de rappeler que celui-ci serait très progressif et variable selon les régions, où parfois le virus circule encore vivement. Et de fait, une partie seulement des écoliers et salariés vont retrouver leurs classes et bureaux, tandis que l’offre de transports restera très limitée.

11 mai confinement Paris Sclaiger
C'est en Ile-de-France que déconfinement va poser le plus de difficulté.
@Sclaiger

Tous au (télé)travail !

Il n’y aura pas "d’après 11 mai" pour ceux qui sont en télétravail. La ministre de la Transition écologique a en effet affirmé le 7 mai que "le télétravail pour tous ceux qui le peuvent restera la règle". Il est même "crucial en Île-de-France", a prévenu la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Pas de déconfinement donc, pour la plupart des télétravailleurs. Pour les autres actifs, la situation est compliquée.

Si les coiffeurs, fleuristes, libraires rouvrent ce 11 mai, les 400 000 entreprises qui reprennent leur activité vont devoir s’adapter aux nouvelles règles sanitaires de déconfinement. Entre les quatre mètres carrés obligatoires par salarié et le marquage au sol, c’est un vrai casse-tête, qui engage directement la responsabilité de l’entreprise. De quoi limiter les ouvertures trop précoces et pousser les entreprises à mettre en place des roulements pour les salariés qui viendraient sur le lieu de travail. Une sorte de déconfinement très limitée ou de confinement allégée.

 

La réouverture massive des écoles, une illusion

Les parents attendent avec impatience la réouverture des écoles, mais cette rentrée risque d’être compliquée, surtout pour les régions en zone rouge comme l’Île-de-France. Seuls 15 % des élèves pourraient retrouver les bancs de l’école à Paris à partir du 14 mai, la date de rentrée ayant été décalée à la demande de la mairie. Sur l’ensemble du territoire, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, a annoncé qu’un million d’élèves devraient retourner à l’école à partir du 12 mai, soit une petite partie des 6,7 millions d’élèves du premier degré.

Si 90 % des écoles vont rouvrir, les places sont limitées à 10 élèves par classe en maternelle et 15 en primaire. Surtout, certains publics seront prioritaires comme les enfants du personnel soignant, les élèves handicapés ou ceux en décrochage scolaire. Pour les collèges, la date de réouverture est maintenue au 18 mai dans les régions vertes. Pour les lycées, la date a été repoussée en juin, sans plus de précision. La situation s’avère d’autant plus compliquée pour les parents qui ont plusieurs enfants. Si le premier doit se rendre à l’école la semaine A et le deuxième la semaine B et le troisième en demi-journée… L’organisation risque d’être un tantinet compliquée.

 

Le casse-tête des transports

La capacité de la France à transporter ses habitants est clé pour relancer l’activité économique, tant voulue par le gouvernement. Mais c’est un casse-tête pour concilier efficacité et sûreté sanitaire. "En milieu urbain, nous devons augmenter l’offre le plus vite possible en maîtrisant la demande", explique Élisabeth Borne, ministre en charge des Transports. L’objectif est d’atteindre un niveau global de 50 % d’ici juin. Sachant que pour ce qui est des transports interrégionaux (TER et TGV), la ministre précise qu’ils seront "volontairement limités" à 20 à 30 % le 11 mai. De plus, la SNCF précise que pour respecter la distanciation sociale, ces trains ne seront remplis qu’à 50 % au maximum.

L’Ile-de-France, qui compte 18 % de la population française et 12 millions de passagers par jour, sera la plus contrainte . La RATP à l’ambition de ramener le trafic à 75 % de la normale. Mais la ministre ne vise pas plus de 15 % de fréquentation. C’est la gestion des flux en gare qui sera le plus complexe. Pour y parvenir, les agents RATP seront épaulés par des milliers de policiers, précise Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur. Et aux heures de pointe, il faudra toujours une attestation pour utiliser les transports en commun.

Ludovic Dupin @LudovicDupin et Marina Fabre, @fabre_marina


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