Publié le 16 mars 2020

POLITIQUE

Emmanuel Macron déclare la "guerre" au coronavirus et mobilise 300 milliards d’euros pour l’économie

"C’est la guerre", a répété à l’envi le Président de la République pour justifier de nouvelles mesures de contrôle des déplacements des Français, alors que la diffusion du Coronavirus est exponentielle dans la population. Au-delà de l'impact sanitaire, Emmanuel Macron s'est également attaqué à la crise économique assurant qu’aucune entreprise ne sera laissée en difficulté.

Emmanuel Macron coronavirus confinnement Elysee
Lundi 16 mars, EMmanuel Macron a annoncé une restriction de la liberté de déplacement des Français pour ralentir la propagation du coronavirus.
@Elysée

Lundi 16 mars, l’épidémie de Coronavirus a continué sa forte progression avec 20 % de malades en plus à 6 633 personnes touchées et 16 % décès supplémentaires avec 148 cas. Face aux incivilités de certains Français, qu’on a vu s’agglutiner dans des parcs et dans les magasins d’alimentation, le Président de la République a décidé de renforcer les mesures de contrôle des déplacements des citoyens, alors que la fermeture des établissements scolaires et des commerces non essentiels a déjà été annoncée.

"Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire. Nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale", a déclaré le Président français. Même s’il n’a pas parlé de confinement comme l’ont fait nos voisins italiens et espagnols, il annonce qu’à partir de mardi 17 mars à midi seuls les déplacements "strictement nécessaires" seront autorisés.

Au rang des exceptions, il compte les déplacements "pour se soigner", "faire ses courses, faire de l'exercice ou aller au travail quand le travail à distance n'est pas possible". Il précise que des amendes seront délivrées par les forces de l’ordre en cas de non-respect de ces restrictions, qui doivent durer au moins 15 jours.

Rassurer les banques

Après l’aspect sanitaire, Emmanuel Macron a insisté sur le soutien économique aux entreprises. Alors que le gouvernement à déjà mobilisé environ 30 milliards d’euros pour financer en particulier le chômage partiel, il annonce désormais que l’État mobilise "une garantie des prêts bancaires accordés aux entreprises à hauteur de 300 milliards d'euros". Comprendre : l’État pousse les banques à offrir facilement des prêts aux entreprises en difficulté, sachant que ceux-ci seront couverts par un pécule considérable.

En plus de cela, le chef de l'État a annoncé "un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien ou report d'échéances". "Aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite. Pour les plus petites d'entre elles qui seraient en difficulté, tant que la situation durera, elles n'auront rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales", ajoute le Président. Il promet même la "suspension des factures d'eau, de gaz ou d'électricité ainsi que les loyers".

À l’instar de l’ensemble de l’Europe, la France décide de bafouer toute orthodoxie budgétaire pour éviter une chute de l’économie réelle au moment où les marchés financiers dévissent totalement. Enfin, sans surprise, il a été annoncé que le second tour des élections municipales prévu ce dimanche est reporté après un premier tour qui a présenté un taux d’abstention record. Il a également précisé s’être entretenu avec ses homologues européens. Ensemble, ils se sont entendus pour fermer les frontières extérieures de l’Union européenne pour une durée de 30 jours.

Ludovic Dupin @LudovicDupin


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