Publié le 21 mai 2020

POLITIQUE

Covid-19 : enquête sur l’OMS après que Donald Trump ait menacé de quitter l’organisation

Dans 30 jours, les États-Unis pourraient quitter l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une menace lourde venant de son premier financeur. Washington accuse l’entité d’être aux ordres de la Chine. En réponse, les États membres ont accepté de mener une enquête indépendante sur l’action de l’OMS pendant la pandémie.

Dr Tedros President de l OMS WHO
Le Dr Telos, président de l'OMS, lors de l'ouverture de la rencontre en visioconférence le 18 mai 2020.
@WHO

Les passes d’armes entre les deux superpuissances mondiales, les États-Unis et la Chine, se multiplient. Leur dernier champ de bataille est l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors qu’une conférence a réuni les 194 pays membres mardi 18 mai, Donald Trump a une nouvelle fois dénoncé la mauvaise gestion de la crise du Covid-19 par l’organisation onusienne.

En particulier, il accuse l'OMS d'être une "marionnette de la Chine", où la pandémie a débuté fin 2019. Le président américain a d’ores et déjà suspendu sa contribution financière. Il va plus loin en lui donnant 30 jours pour obtenir des résultats significatifs. A défaut, les États-Unis menacent de quitter cet organe dont ils étaient traditionnellement le premier contributeur, à hauteur d’un demi-milliard de dollars par an.

"Si l'OMS ne s'engage pas à apporter des améliorations notables dans un délai de 30 jours, je vais transformer la suspension temporaire du financement envers l'OMS en une mesure permanente et reconsidérer notre qualité de membre au sein de l'organisation", a-t-il tweeté. Pékin a répliqué en accusant Donald Trump, dont le pays est le plus endeuillé au monde avec plus de 90 000 morts, de chercher à "se soustraire à ses obligations" envers l'organisation.

Bataille du vaccin

La Russie, où la maladie a entamé une lente décrue mais où des points chauds demeurent, a quant à elle dénoncé ce qu'elle a qualifié de tentatives américaines de "casser" l'organisation. "Nous sommes contre une casse (de l'OMS), qui irait dans le sens des intérêts politiques ou géopolitiques d'un seul État, autrement dit les États-Unis", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Face aux accusations et aux menaces de boycott américain, les pays membres de l'Organisation mondiale de la santé ont décidé mardi de lancer une "évaluation indépendante" de la réaction de l'agence onusienne à la pandémie de nouveau coronavirus. Cette évaluation, dont les contours demeurent flous, devra passer au crible "les mesures prises par l'OMS face à la pandémie de Covid-19 et leur chronologie". L'enquête peut mener à "des missions scientifiques et de collaboration sur le terrain". La Chine s'est déclarée ouverte à une enquête indépendante, mais pas avant la fin de la pandémie.

En parallèle, une autre bataille se prépare sur le plan sanitaire. Washington assure que les États-Unis seront servis en premier lors de la découverte du vaccin grâce à ses partenariats industriels, comme avec Sanofi. Non sans stratégie, à l'ouverture de la réunion de l'OMS, le président chinois Xi Jinping a répondu en assurant qu'un éventuel vaccin chinois serait un "bien public mondial".

Ludovic Dupin avec AFP


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