Publié le 24 mars 2020

POLITIQUE

Chaque mois de confinement coûte deux points de PIB à la France

La France connaîtra cette année une chute de son produit intérieur brut (PIB) de bien plus de 1 %, a averti mardi 24 mars le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, et la sortie de crise après le coronavirus ne se fera pas du "jour au lendemain" pour le pays qui, comme ses voisins européens, subit en mars une chute record de son activité.

Bruno Le Maire Coronavirus EricPiermont AFP
Bruno Le Maire annonce que l'impact sur l'économie française va être bien plus fort qu'attendu.
@EricPiermont/AFP

"Chaque semaine de confinement supplémentaire (...) a un impact sur notre croissance" qui se chiffre en milliards d'euros, tout comme l'évolution de la situation dans d'autres pays du monde, a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse, organisée en ligne pour cause d'épidémie. Or le Premier ministre Édouard Philippe a averti lundi soir que le confinement de la population pouvait encore durer "quelques semaines", le conseil scientifique devant se prononcer mardi.

"Chaque mois de confinement, c'est à peu près deux points de PIB perdu", estime Mathieu Plane, directeur adjoint de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Il y a trois mois, la prévision de croissance du gouvernement pour 2020 était encore de 1,3 %. L'économiste avertit toutefois que "ça peut être plus au bout de plusieurs mois, avec des conséquences plus graves pour les entreprises, comme des risques de faillites".

Choc important pour les services de proximité

Si "l'industrie peut s'en sortir sur l'effet de décalage", avec un rattrapage de la production perdue pendant la crise, "le choc est beaucoup plus important sur les services de proximité", comme l'événementiel, les commerces, les transports, avec "des pertes sèches". Pour l'assureur-crédit Euler Hermes, les défaillances d'entreprises, qui reculaient depuis 4 ans, vont d'ailleurs bondir de 8 % cette année.

Premier indicateur économique avancé, l'indice PMI du cabinet Markit mesurant l'activité du secteur privé en France a enregistré la plus forte contraction de ses près de 22 ans d'existence, s'écroulant de 51,2 points en février à 30,2 points en mars, selon une estimation provisoire mardi. La contraction de l'activité commence en dessous de la limite des 50 points. Elle est également "sans précédent" pour l'ensemble de la zone euro, à 31,4 points.

Comme en 1929

Face au coup d'arrêt brutal asséné par la pandémie à l'appareil productif, Bruno Le Maire Le Maire a indiqué qu'il ne croyait pas à un rebond rapide en sortie de crise et a comparé la crise actuelle à la crise de 1929. "Je ne crois pas au coup de baguette magique", a averti le ministre de l'Économie, prévoyant que "le redémarrage sera plus long" dans un certain nombre de secteurs, comme l'automobile.

Autre signe du coup de frein à l'activité : quelques jours seulement après la mise en place d'un dispositif de chômage partiel visant à éviter des licenciements massifs, 730 000 salariés en bénéficiaient déjà. Et Bruno Le Maire a prévu que les 8,5 milliards d'euros provisionnés par l'État et l'Unedic (l’assurance chômage), pour couvrir 15 % des salariés durant deux mois, ne seraient pas suffisants.

La Rédaction avec AFP


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