Dans quelques heures, les Britanniques sortiront officiellement de l'Union européenne. C'est tout le système économique qui va être chamboulé, de la finance, avec la délocalisation des entreprises financières de Londres vers des capitales de l'UE, aux chaînes d'approvisionnement avec des secteurs particulièrement touchés comme l'automobile et l'alimentation. Un événement géopolitique historique que les eurodéputés ont marqué en chantant, main dans la main, "Ce n'est qu'un au revoir".

La City quitte Londres


C’est la cinquième puissance économique mondiale et dans quelques heures, elle sortira officiellement de l’Union européenne. Un événement géopolitique majeur auquel le secteur de la finance n’est évidemment pas hermétique. Ce matin, les Bourses ont ouvert en baisse comme celle de Londres ou de Paris. La délocalisation des entreprises financières de Londres vers des capitales de l’Union européenne a d’ores et déjà démarré à l’instar de la banque américaine JP Morgan qui a acquis un immeuble de 6 600 m² en plein cœur de Paris. Au total, 4 400 relocalisations d’emplois de la City vers la France ont été annoncées. "L’écosystème bancaire a été très surpris, mais le métier de la banque c’est de gérer du risque, ce risque avait été anticipé", rassure auprès de l’AFP Stéphane Dehaies, salarié de la banque britannique RBS lors du vote et désormais associé au sein du cabinet KPMG.

Automobile, alimentation… des chaînes d’approvisionnement perturbées


Les entreprises ont gagné un an de répit : jusqu’à la fin de l’année, le secteur sera soumis aux mêmes règles communautaires actuelles, le temps de négocier. Mais l’inquiétude monte. L’année dernière déjà, plusieurs grandes chaînes de supermarchés et fast-food avaient adressé une lettre aux députés britanniques évoquant des "risques importants" sur la "qualité et la durée de vie de la nourriture". Le Royaume-Uni importe en effet un tiers de sa nourriture du Continent. Du côté du secteur de l’automobile, les chiffres sont éloquents. D’après la Society of Motor Manufacturers and Traders (SMMT), en trois ans, la fabrication de véhicules a reculé de 25 % au Royaume-Uni. Les fabricants, qui traversent déjà une crise liée au scandale du diesel, ont suspendu leur production pour plusieurs jours et dénoncent l’impact négatif du Brexit appelant à un "accord ambitieux avec l’Union européenne". 

La pêche, premier sujet de négociations 


C’est un dossier qui est prioritaire. "Nous nous sommes mis d’accord pour que le premier accord conclu avant l’été 2020 soit celui de la pêche", a déclaré sur France Inter l’eurodéputée et ancienne ministre des Affaires étrangères Nathalie Loiseau. Il faut dire que la situation est particulièrement inquiétante. Les bateaux français pêchent 30 % de leurs poissons dans les eaux britanniques. Or la quasi-totalité des pêcheurs britanniques ont voté pour le Brexit dans l’espoir d’avoir l’usage exclusif de leurs eaux. Une situation qu’il va falloir rapidement clarifier pour ne pas impacter la filière.
Au-delà du bras de fer entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, lors de la ratification du Brexit, les eurodéputés ont marqué cet historique moment en chantant  "Auld Lang Syne", "Ce n’est qu’un au revoir". 


Marina Fabre, @fabre_marina

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