Publié le 06 mai 2020

INFOGRAPHIES & VIDÉOS

[Infographie] Les plans de relance peuvent être alignés avec l'Accord de Paris, sans coûter trop cher

L'ONG Climate Action Tracker a analysé cinq scénarios de sortie de crise plus ou moins favorable au climat. Si le monde optait pour une relance verte, les objectifs de l'accord de Paris pourraient être atteints d'ici 2030. Une telle politique nécessiterait des investissements de l'ordre de 1 % du PIB. En France, le think tank I4CE estime ces investissements à sept milliards d'euros. 

Budget vert
Selon Climate Action Tracker, une relance verte forte suppose des investissements supplémentaires de l’ordre de 1,2% du PIB mondial.
@CC0

C’est du jamais vu. Les émissions mondiales de CO2 du secteur de l’énergie devraient chuter d'environ 8 % cette année, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Ce serait la plus forte baisse jamais enregistrée, six fois plus importante que le précédent recul enregistré en 2009 à la suite de la crise financière mondiale. Mais "ce déclin historique des émissions mondiales n'est absolument pas une cause de célébration", estime toutefois Fatih Birol, son directeur. "Si l'on se fie à ce qui s'est passé après la crise financière de 2008, nous devrions assister bientôt à un fort rebond des émissions avec l'amélioration des conditions économiques", met-il en garde.  

Selon Climate Action Tracker (1), les émissions mondiales de CO2 devraient chuter de 4 à 11% cette année et pourraient bien rester sous le niveau de 2019 en 2021. Mais l’ONG précise que "seule la mise en place de politiques de relance favorables au climat permettra une baisse durable des émissions". L’ONG a étudié cinq scénarios de sortie de crise plus ou moins verts selon une reprise économique pessimiste ou optimiste.

Dans le scénario "poursuite des politiques actuelles", la baisse des émissions liées à la crise du Covid n'est que temporaire. Pire, dans le scénario "rebond des énergies fossiles", les émissions sont supérieures à ce qui était prévu avant la crise du Covid-19 et ce, même avec une croissance faible. Les trois scénarios de "relance verte" font apparaître des réductions des émissions qui pourraient nous permettre de nous aligner avec un scénario 2°C voire même 1,5°C, inclus dans l'Accord de Paris.

Infog climate action tracker covid 19

 

Investissements faibles au regard des gains

Outre les réductions des émissions de gaz à effet de serre, Climate Action Tracker a calculé les efforts financiers que supposaient les différents scénarios. Et les résultats sont particulièrement intéressants puisqu’il apparaît qu’une relance verte forte suppose des investissements supplémentaires de l’ordre de 1,2% du PIB mondial auquel il faut soustraire les investissements dans les fossiles, 0,4 % du PIB, soit un total égal à 0,8 % du PIB.

En France, un tel exercice a été mené par I4CE (2). Selon ses estimations, un plan de sortie de crise intégrant l’action climatique n’exigerait que sept milliards d’euros par an d’investissements publics supplémentaires, jusqu’en 2023. De quoi engendrer 19 milliards de financements publics et privés par an, et combler l'écart avec les investissements climat existants afin d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Sept milliards d’euros par an, c’est une goutte d’eau par rapport aux 60 milliards que la pandémie fait perdre chaque mois à la France.

Le think tank table sur cinq leviers de politiques publiques que sont les investissements publics, les cofinancements publics, sous forme de subventions, les obligations de travaux de rénovation énergétique, avec un objectif de résultat sur les consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre, des prêts à taux faible ou nul et de longues durées, permettant aux projets de démarrer sans trésorerie de la part des porteurs de projets, et de l’accompagnement technique, souvent intégré aux outils financiers.

"Par exemple, pour la rénovation des logements du privé, il suffirait de 200 millions d’euros supplémentaires par an pour atteindre des niveaux d’investissement élevés, de l’ordre de 16 milliards d’euros par an. Pour cela, il faut séquencer les obligations de rénovation, notamment en ciblant les transactions immobilières", précise Hadrien Hainaut, l’un des auteurs. "De même, pour les véhicules bas-carbone, il faut renforcer les infrastructures de maillage et les aides à l’acquisition comme le bonus écologique."

Concepcion Alvarez, @conce1 

(1) Voir l'étude de Climate Action Tracker

(2) Voir l’étude de I4CE  


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