La voiture reste le mode de déplacement le plus plébiscité par les Français. Plusieurs études récentes ont évalué différentes pistes pour réduire son impact environnemental. Parmi les plus sérieuses, on trouve l’électrification du parc, la mise en place d’un bonus-malus sur le poids des véhicules et la réduction du trafic.

Le transport fait figure de mauvais élève. Alors qu’il représente plus d’un quart des émissions de l’Union européenne, son bilan s’est aggravé depuis 1990. Les voitures sont particulièrement pointées du doigt puisqu’elles représentent près de la moitié des émissions du secteur. Selon une étude publiée récemment par Greenpeace, les voitures neuves vendues par les principaux constructeurs en 2018 vont émettre sur tout leur cycle de vie 4,8 gigatonnes de CO2. C’est autant que les émissions annuelles des pays de l’Union.
Pourtant, la voiture n’a jamais fait autant d’adeptes. Dans l’Hexagone, 86 % des Français en possèdent au moins une selon un sondage Kandar. Un taux en hausse de 27 % en vingt ans. Et 87 % l’utilisent régulièrement pour se rendre au travail, faire des courses ou aller chez le médecin. Difficile dès lors de s’en passer pour une bonne partie de la population qui ne dispose pas d’alternatives et notamment d’offres de transports en commun.
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Bonus-malus sur le poids
Pour atteindre l’objectif de neutralité carbone et réduire la pollution de l’air qui tue des dizaines de milliers de personnes chaque année, il va quand même bien falloir trouver des solutions. France Stratégie s’est penchée sur la question dans une note publiée juste avant l’été (1). L’organe rattaché au Premier ministre prône sans surprise l’électrification du parc. Mais prévient que cela n’aura d’intérêt que dans des systèmes de production électrique décarbonée comme c’est le cas en France.
Ainsi, faire produire des batteries en Pologne – le pays à l’électricité la plus carbonée au monde – comme prévoit de le faire la société coréenne LG Chem37 pour plusieurs constructeurs automobiles européens, limitera les gains environnementaux de ces voitures à faibles émissions équipées de batteries à fortes émissions“, précisent les auteurs. Pour pallier cet écueil, la France et l’Allemagne ont lancé début mai la création d’un “Airbus de la batterie” avec la construction d’ici à 2023 de deux usines de production.
France Stratégie propose également d’ajouter une composante poids au bonus-malus déjà existant afin de décourager l’achat des SUV. Leurs ventes ont été multipliées par quatre depuis 2010 plombant les émissions de CO2 du secteur. “Que la voiture soit à propulsion thermique ou électrique, il convient avant tout de minimiser son poids pour minimiser sa consommation énergétique. On pourra ainsi réduire la capacité de batteries nécessaire pour couvrir les besoins de mobilité du quotidien, ce qui rendra les voitures électriques plus abordables et limitera leur impact environnemental lors de leur production“, notent les auteurs. Un amendement en ce sens va être déposé dans le cadre de l’examen du projet de loi de Finances 2020.
Réduire le trafic est indispensable
De son côté, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) a comparé quatre scénarios et mesuré leur impact sur la réduction de la pollution atmosphérique (2). Il apparaît que coupler l’électrification du parc à une réduction du trafic de 20 à 25 % en zone urbaine dense permettrait de diminuer d’au moins 30 % les émissions les plus nocives à l’horizon 2025. En cause, les systèmes de freinage, les suspensions et le roulement des véhicules qui, quel que soit le système de motorisation, contribuent à dégrader la qualité de l’air.
En parallèle, les modes de transport doux comme le vélo, les transports en commun, le covoiturage devront être développés. Selon un sondage publié cette semaine par Régions de France, Transdev et Ipsos (3), l’un des principaux freins reste le maillage territorial des transports en commun. Les personnes interrogées placent ainsi “l’absence de lignes de transports en commun leur permettant de rejoindre leurs destinations” et “les fréquences de passage trop faibles” en tête des raisons pour lesquelles elles n’optent pas plus souvent pour ce mode de déplacement.
L’enquête fait également apparaître “une percée des mobilités douces”, notamment du vélo (12 % des personnes interrogées l’utilisent régulièrement), mais montre que le covoiturage et l’autopartage sont des solutions encore peu plébiscitées, respectivement 5 et 2 % du panel.
Concepcion Alvarez @conce1

(1) Lire l’étude de France Stratégie 
(2) Lire l’étude de l’Anses 
(3) Voir le sondage Ipsos

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