Le groupe de luxe est sous le coup d’une enquête en Italie concernant 2,5 milliards d’euros d’impôts auquel il aurait échappé. C’est ce que révélait une enquête de Médiapart et confirmée par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. Une épine dans la réputation de l’entreprise qui affiche pourtant une posture de groupe responsable.

Entre 2002 et 2017, Kering aurait économisé 2,5 milliards d’impôts via sa plate-forme de logistique et de distribution LGI basée en Suisse. Depuis 2009, cela concernerait 1,4 milliard pour sa marque Gucci et 180 millions pour Yves Saint Laurent. Selon le site Médiapart qui a révélé l’affaire vendredi 16 mars, le préjudice fiscal concerne essentiellement l’Italie, mais affecte également la France et le Royaume-Uni.
"Des documents confidentiels obtenus par Mediapart, et transmis au réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC), montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire Gucci mais d’une affaire Kering, plus colossale encore. (…) C’est la plus grosse affaire d’évasion fiscale présumée mise au jour pour une entreprise française, et l’une des plus importantes au niveau européen", assure le site d’investigation.
Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a tenu à s’exprimer sur l’affaire. Une enquête est en cours en Italie, mais aucune n’est encore ouverte en France, a-t-il assuré. Il précise sur France Inter qu’"il y a une enquête en cours et l’enquête ira jusqu’au bout (…) Le principe de justice fiscale sera défendu dans ce cas-là comme dans tout les autres cas".
Kering dément
Dans un courriel transmis à Reuters vendredi, Kering fait savoir que "le groupe s’acquitte en Suisse des impôts dus, en conformité avec la loi et le statut fiscal de la société". Avant de préciser que "ce modèle d’exploitation est connu des autorités fiscales françaises et des autres autorités fiscales compétentes".
En janvier dernier, le groupe avait déjà démenti une information de Médiapart présentant la résidence fiscale helvétique du PDG de Gucci, Marco Bizzarri, comme "une réalité douteuse". Gucci, qui est la principale source de profits de Kering, est sous le coup d’une enquête du parquet de Milan depuis novembre 2017 pour des soupçons d’évasion fiscale, rappelle l’agence de presse Reuters.
Si les faits étaient avérés, le coup pourrait être dur pour Kering qui s’est fortement positionné sur les questions de responsabilité sociétale (RSE) à travers des actions environnementales et sociales concernant sa chaîne d’approvisionnement.
Béatrice Héraud

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