Emmanuel Macron reçoit mardi 11 et mercredi 12 décembre les représentants des banques et des grandes entreprises pour leur demander de "participer à l'effort collectif" face à la crise des "gilets jaunes" en discutant notamment d'efforts fiscaux, annonce l'Elysée.

Le chef de l’Etat a déclaré lundi 10 décembre dans un discours à la nation qu’il voulait que les dirigeants des entreprises françaises "payent leurs impôts en France" et lutter contre "les avantages indus et l’évasion fiscale".
"J’ai besoin que nos grandes entreprises, nos concitoyens les plus fortunés, aident la Nation à réussir. Je les réunirai et prendrai des décisions en ce sens dès cette semaine", a-t-il dit. Il a cependant d’ores et déjà écarté l’idée de revenir sur la suppression de l’ISF, réclamée par une partie des "gilets jaunes". "Revenir en arrière nous affaiblirait alors même que nous sommes en train de recréer des emplois dans tous les secteurs", selon lui.
"Cependant, le gouvernement et le Parlement devront aller plus loin pour mettre fin aux avantages indus et aux évasions fiscales. Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises qui y font des profits doivent y payer l’impôt, c’est la simple justice", a-t-il précisé.
Taxe Gafa
Cette dernière phrase fait allusion notamment à la taxation des géants du numérique, a commenté son entourage. Si l’Union européenne ne décide pas dans les mois qui viennent, comme le réclame Paris, d’appliquer un impôt sur le chiffre d’affaires des GAFA, la France pourrait ainsi décider sans attendre de le mettre en œuvre de son côté.
Il pourrait aussi être question de revoir la "niche Copé", a ajouté l’Élysée. Il s’agit d’une exonération partielle d’impôt sur les plus-values à long terme sur la cession de filiales et de titres de participation.
Durant ces réunions pourrait enfin être évoqué un éventuel report de la transformation du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) en baisses de charges sociales, ce qui générerait une importante économie pour le budget 2019 et aiderait à financer les mesures annoncées lundi soir sur le SMIC, la CSG et les heures supplémentaires. Le coût en serait estimé entre 8 et 10 milliards d’euros.

La rédaction avec AFP

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