Publié le 26 décembre 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Nouveau front judiciaire contre Carlos Ghosn, le Japon le garde derrière les barreaux jusqu'au 1er janvier au moins

Le PDG de Renault et ex-patron de l'Alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, a déjà passé Noël derrière les barreaux. Ce sera également le cas du réveillon du Nouvel an. La justice japonaise a décidé de prolonger sa garde à vue jusqu'au 1er janvier, au moins.

La justice Japonaise a annoncé que la garde à vue de Carlos Ghosn est prolongé alors qu'un troisième mandat d’arrêt a été prononcé contre lui.
@KazuhiroNogi-AFP

La justice japonaise a surpris le monde en mettant en garde à vue Carlos Ghosn, ex-patron de l’alliance Renault-Nissan, en garde à vue le 19 novembre dernier lors de son arrivée à Tokyo en jet privé. Elle continue aujourd'hui à faire montre de sa sévérité en ayant annoncé qu’elle prolonge une nouvelle fois la détention de ce ce titan du monde de l'automobile et des affaires.

La décision a été prise de maintenir Carlos Ghosn en détention. La garde à vue viendra à expiration le 1er janvier, a dit le tribunal du district de Tokyo dans un communiqué. Ce jugement ne signifie pas que l'ancien patron de Nissan sera libéré au Nouvel An, le parquet pouvant requérir à cette date que sa garde à vue soit prolongée de 10 jours supplémentaires pour les besoins de l'enquête.

En outre, parallèlement, le grand patron est aussi en détention provisoire suite à une première inculpation, ce qui signifie qu'une libération ne peut avoir lieu qu'à la fin de cette garde à vue et sur acceptation par le tribunal d'une demande de mise en liberté sous caution.

Troisième mandat d’arrêt

Il s'agit d'un nouveau front dans les ennuis judiciaires de Carlos Ghosn. Celui-ci a fait l'objet vendredi 21 décembre d'un nouveau mandat d'arrêt, le troisième, sur des charges supplémentaires, concernant cette fois l'abus de confiance. Le parquet le soupçonne d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan".

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d'avoir fait couvrir par Nissan "des pertes sur des investissements personnels" au moment de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie selon la chaîne de télévision publique japonaise NHK. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros).

Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami d'Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan. Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l'étranger, nombreux dans le cas de l’homme d’affaires qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.

Renault le garde en poste

Pour le moment, le Franco-libano-brésilien a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen.

La longue garde à vue qui a suivi l'arrestation de Carlos Ghosn, qui séjourne dans une petite cellule dans un centre de détention de Tokyo, a étonné à l'étranger et le système judiciaire japonais s'est retrouvé sous le feu des critiques.

Pendant ce temps, l'alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l'unanimité leur PDG de la présidence de leur conseil d'administration, mais le groupe français Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste, confiant "à titre provisoire" la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré.

Ludovic Dupin avec AFP


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