Publié le 25 mai 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

L'État va reprendre 35 milliards des 55 milliards d’euros de dette de la SNCF d’ici 2022

Les syndicats de la SNCF ont reçu vendredi 25 mai la confirmation d'Édouard Philippe que l'État reprendrait la dette de la SNCF à hauteur de 35 milliards d'euros, dont 25 avant 2020, l'Unsa (Union nationale des syndicats autonomes) annonçant étudier une éventuelle levée de la grève, contrairement à la CGT qui la maintient.

Rail SNCF Fret SNCF Reseau
Édouard Philippe a confirmé des investissements accrus dans la SNCF.
@SNCFRéseau

Alors que le texte de loi, voté en première lecture en avril à l'Assemblée, arrivera en séance publique au Sénat mardi 29 mai, l’État a voulu donner quelques gages aux syndicats représentatifs à la SNCF qui se sont succédé vendredi à Matignon, à commencer par l'Unsa qui a obtenu la primeur des annonces gouvernementales.

Comme prévu, Édouard Philippe s'est engagé sur la dette : 35 milliards seront repris au total, 25 en 2020 et 10 en 2022. La dette totale s’élève à 55 milliards d’euros. Il a aussi confirmé des investissements, en augmentant la participation de 200 millions d'euros par an, portant son effort annuel à 3,8 milliards, selon Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa.

Gain de compétitivité

Le Premier ministre demande en contrepartie un effort de productivité à l'entreprise, afin de combler son écart de compétitivité estimé à 30 % par rapport à ses rivaux, avant l'ouverture du rail à la concurrence. Selon une source proche du dossier, "il y aura aussi deux ou trois annonces de Matignon sur la façon dont l'État sera partenaire dans la négociation sur la nouvelle convention collective", un point crucial pour les syndicats qui s'inquiètent de la fin du recrutement au statut des cheminots au 1er janvier 2020.

"Le dialogue avance", s'est ainsi félicité Luc Bérille pour qui l'Unsa a été "rassurée" "sur un engagement ferme de l'État" pour les finances de la SNCF. Par conséquent, une décision sur une éventuelle sortie de l'Unsa ferroviaire de la grève sera prise "très rapidement dans nos structures", a déclaré son secrétaire général, Roger Dillenseger, tout en ajoutant que ses "attentes restent fortes".

À sa sortie de l'entretien avec Édouard Philippe, la CGT Cheminots a sans surprise indiqué qu'elle continuerait "le conflit, le combat", dixit son secrétaire général Laurent Brun. "La mobilisation est plus que jamais nécessaire", a-t-il insisté, même si la tonalité de ses propos a paru plus apaisée que lors de la dernière série de rencontres bilatérales à Matignon le 7 mai.

La Rédaction avec AFP


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