Publié le 30 juin 2011

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Plus de transparence dans les AG du CAC 40

Le grand Prix de l'Assemblée Générale du CAC 40 a été décerné le 29 juin dernier. Une récompense prestigieuse que les dirigeants des entreprises viennent eux-mêmes recevoir des mains de Caroline de la Marnierre, présidente de Capitalcom, agence de communication d'entreprise qui organise ce prix .

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Cette année, le jury composé d'une vingtaine de personnalités économiques a donné le premier prix de l'AG à Schneider Electric, le second à BNP Paribas et le 3eme à GDF Suez. Que récompensent-ces prix ? Un mélange de divers critères comme la lisibilité et la pertinence de la stratégie financière, mais aussi la place donnée à la RSE, les explications sur la gouvernance d'entreprise et les systèmes de rémunération des dirigeants, sans oublier la gestion des risques.
C'est selon le jury "l'explication claire du business model de Schneider Electric face au dilemme énergétique et la place stratégique donnée au développement durable comme relais de croissance", qui lui ont permis de l'emporter en 2011. Mais ce qu'il faut retenir de la saison 2011 des AG selon le tableau dressé par la présidente de Capital Com, c'est l'émergence du « parler vrai » et de la RSE. Dans le premier cas elle a noté la fin d'une époque, celle où la culture financière dominait. " Fini le cours de bourse et le dividende alpha et omega. Aujourd'hui on cherche à instaurer un véritable dialogue en n'occultant plus les mauvaises nouvelles et en acceptant de débattre sur la composition du conseil ou la rémunération des dirigeants."
Dans le second cas, la présidente de Capital Com considère que la RSE gagne certes du terrain mais qu'elle est encore loin de dominer les débats. Sept minutes en moyenne dans les discours des dirigeants, soit deux fois plus qu'en 2009 !


Cela dit, d'autres indicateurs viennent confirmer les nouvelles attentes des actionnaires. 74 % d'entre eux, selon le baromètre annuel réalisé par Capital com, souhaitent que le capital humain de l'entreprise ne soit plus présenté comme un coût mais comme un relais de croissance. Ceci explique sans doute que les remerciements appuyés aux salariés de l'entreprise se soient multipliés dans les AG.

Montée en puissance de la contestation

Si la nature des débats en AG se transforme, cela se traduit aussi par la montée en puissance des votes de contestation. Chez Renault, l'appel de Proxinvest, spécialiste du conseil en droits de vote, à refuser le rapport de gestion à la suite de l'affaire qui a secoué le constructeur , a obtenu 5% des voix. C'est peu mais cela permet quand même d'envoyer un signal d'inquiétude de la part des actionnaires. Enfin, une autre source inquiétude reste sans véritable réponse : les actionnaires considèrent que la façon dont les entreprises anticipent leurs risques est cruciale or, selon le sondage effectué par Capital Com, 76 % d'entre eux considèrent que la communication sur la prévention et la gestion des risques reste insuffisante. Leur sentiment s'appuie sur la réalité des faits. Seules 4 entreprises du CAC 40 ont présenté en effet une cartographie de leurs risques à leurs actionnaires : Michelin, GDF Suez, Air Liquide et Accor, les deux dernières l'ayant fait pour la première fois.
Les temps changent donc, mais les résistances sont encore fortes du côté des entreprises à avoir un dialogue public avec leurs actionnaires sur des sujets sensibles. Leurs dirigeants veulent choisir les sujets abordés. L'histoire de la résolution sur les sables bitumineux évacuée de l'ordre du jour de l'AG de Total en témoigne (voir article lié). Mais les grandes entreprises cotées semblent avoir compris que la RSE, le capital humain et le débat avec les parties prenantes, définies lors du Grand Prix comme celles qui se "mêlent de ce qui ne les regardaient pas il y a encore quelques années", font partie intégrante des explications que doit fournir une entreprise à ses actionnaires sur sa stratégie à court et moyen terme.

A. C. Husson-Traore
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