Publié le 24 avril 2018

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Vincent Bolloré en garde à vue pour des soupçons de corruption en Afrique

L'industriel breton Vincent Bolloré a été placé en garde à vue mardi 24 avril à Nanterre. Cela s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption autour de l'attribution de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest.

Vincent Bolloré a été mis en garde à vue le mercredi 24 avril.
@ZakariaAbdelkafi/AFP

L'homme d'affaires, Vincent Bolloré, est entendu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris. Elle vise à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé ses activités de conseil politique pour obtenir la gestion des ports de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée. Dans un communiqué, le groupe Bolloré a "formellement" démenti mardi toute irrégularité liée à ses activités africaines.

Les nuages judiciaires s’accumulaient depuis quelque temps au-dessus de l’homme d’affaires. Le 13 avril, le magazine Challenge révélait que les magistrats du pôle financier allaient auditionner plusieurs dirigeants de la société Bolloré. Le groupe avait alors assuré n’avoir reçu aucune convocation de cette nature.

Abandons de présidences

Le 10 avril, Vincent Bolloré avait annoncé sa mise en retrait du groupe Canal+. L'homme d'affaires qui s'était fortement impliqué dans le remaniement des équipes et le redressement de cette filiale en difficulté en France, explique "avoir confiance dans l'équipe en place" et considère que "la route est tracée", selon une source proche.

Lors de l’Assemblée générale de Vivendi le 19 avril, il avait également annoncé qu’il transmettait à son fils Yannick la présidence du conseil de surveillance. Une décision qui n’allait pas sans interroger "les mécanismes de contrôle et de contrepouvoirs sont à la base des règles de bonne gouvernance", juge Anne-Catherine Husson Traore, directrice générale de Novethic.

Enfin, le 26 mars dernier, le Tribunal de Commerce avait débouté le groupe dans le cadre d'un "procès bâillon". L'entreprise y attaquait les journalistes et les ONG qui avaient dénoncé les conditions d’exploitation des terres administrées en Afrique par une de ses filiales. Bolloré demandait 50 millions d’euros à France 2 en réparation des dommages causés à sa "marque".

Ludovic Dupin avec AFP


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