Publié le 25 août 2020

FINANCE DURABLE

Covid-19 : en raison de la pandémie, plus de 100 milliards de dollars de dividendes n'ont pas été versés

Poussées par les gouvernements ou par la situation de leur trésorerie, de nombreuses entreprises ont choisi de diminuer ou d’annuler le versement des dividendes. Selon l’étude de Janus Henderson, les enveloppes pour les actionnaires ont diminué de 22 % dans le monde au deuxième trimestre 2020 et jusqu’à 57 % pour la France. Du jamais vu depuis la crise financière de 2008.

Dividendes EternalCreative
Les dividendes en Europe ont baissé de 45 % sur le deuxième trimestre 2020.
@EternalCreative

La polémique sur le versement des dividendes faisait rage au printemps, en plein cœur de la saison des assemblées générales. Face à l’ampleur de la crise du Coronavirus, les entreprises cotées devaient d’une part préserver leurs ressources et d’autre part ne pas utiliser les aides publiques massives pour rémunérer leurs actionnaires. C’est ce qu’elles ont fait, selon la dernière étude mondiale de la société de gestion Janus Henderson.

Selon son indice global des dividendes, les sommes versées aux actionnaires au deuxième trimestre 2020 ont baissé de 108,1 milliards de dollars par rapport à la même période en 2019. Les actionnaires n’ont touché "que" 382,2 milliards de dollars, en baisse de 22 %. "La propagation du Covid-19, conjuguée au confinement décrété par les pouvoirs publics, a amené les entreprises à préserver leur bilan et leur trésorerie", explique Jane Shoemake, gérante chez Janus Henderson. Plus du quart des entreprises suivies ont réduit, suspendu ou annulé le versement.

Presque toutes les régions du monde sont concernées par ce mouvement, du fait d'une arrivée plus tardive de l'épidémie sur le territoire. L’Europe, elle, se distingue particulièrement. Les dividendes ont chuté de 45 % sur le Vieux Continent, plus de la moitié des entreprises européennes les ayant réduits. Parmi celles-ci; les deux tiers les ayant tout simplement annulés. En France, la baisse a même atteint 57 %, huit entreprises sur dix ayant revu leurs versements à la baisse.

Forte pression du gouvernement

La raison tient sans doute à la forte pression mise par le gouvernement sur les entreprises pour conserver leur trésorerie. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a ainsi appelé très tôt à la modération sur les dividendes. Bercy a également conditionné les aides d’État et le report du paiement des cotisations fiscales et sociales au non-versement des dividendes, sous peine de devoir rembourser les aides et payer des pénalités.

Parmi les secteurs les plus touchés, la finance emporte la palme avec une réduction de 54 milliards de dollars des dividendes versés dans le monde. Les entreprises de la distribution, du tourisme et des loisirs, particulièrement affectées par le confinement, ont également dû réduire sérieusement la voilure. Les télécoms, la santé et les entreprises de la tech, au contraire, ont continué de verser d’importants dividendes. L’assemblée générale de Sanofi, en France, a par exemple voté une enveloppe de 4 milliards d’euros pour les dividendes 2020, en légère augmentation par rapport à 2019.

2020 devrait demeurer l’année ayant enregistré la plus forte baisse des dividendes depuis la crise financière de 2008. Sur l’ensemble de l’année, la diminution des versements aux actionnaires devrait se situer entre 17 % et 23 %. La somme totale perçue par les actionnaires devrait, tout de même, dépasser les 1 000 milliards de dollars.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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