Publié le 12 juin 2018

FINANCE DURABLE

L’économie verte en version boursière place en tête Microsoft, Tesla et Monsanto

L’économie verte est loin d’être un marché de niche réservée aux petites entreprises spécialisées dans les Greentech. 6 % des capitalisations mondiales des entreprises cotées y sera même consacrés, selon le fournisseur d'indices FTSE Russel. Parmi celle-ci, on trouve Tesla et ses voitures électriques, Microsoft et ses datacenters et même Monsanto, le leader des semences résistantes. 

Barrage des trois gorges pkujiahe
Selon le classement de FTSE Russel, le barrage des Trois Gorges en Chine est à intégrer à l'économie verte.
@pkujiah

Le fournisseur d’indice FTSE Russel promet de "démolir les mythes" sur l’économie verte à en croire le titre de sa dernière étude (Investing in the global green économie : basting commun myth). "Jusqu'à présent, la transition vers une économie durable et verte a été un concept vague plutôt qu'un système précisément défini et rentable", lancent les auteurs en introduction. Selon eux, ce manque de données sur ce secteur a conduit à penser qu’il s’agit d’un marché de taille limitée, dominée par des entreprises à faible capitalisation boursière.

Les analystes se sont donc intéressés à la partie des capitalisations boursières exposées à l’économie verte dans le monde. "Il y a environ 3000 entreprises côtés mondiales qui sont impliquées dans l’économie verte", indique l’étude. Elles représentent 6 % de la capitalisation globale, soit environ 4 000 milliards de dollars. "Cela représente une opportunité d’investissement significative, à peu près équivalente à celle des énergies fossiles", calcule FTSE Russel.

Le cloud au cœur de l’efficacité énergétique

Derrière ces 4 000 milliards, l’étude regroupe des secteurs très variés. Le plus large, avec 40 % du total, est celui de la gestion de l’énergie et de l’efficacité énergétique. Cela va de l’isolation des bâtiments au Cloud computing à l’utilisation de serveurs décentralisées. En effet, l’utilisation du cloud permet de diminuer de 90 % les émissions de CO2 des réseaux informatiques. Vient ensuite pour 11 % la production d’énergie. On trouve ensuite 8 % pour l’agroalimentaire, 8 % pour les infrastructures de transport, 7 % pour la gestion de l’eau, 6 % pour les équipements énergétiques, 5 % pour les déchets…

Fort de ces critères, l’étude propose un classement des entreprises qui contribuent le plus à ces 4000 milliards de capitalisation liées à l’économie verte (1). Et les noms ont de quoi surprendre ! Avec 2,4 % du total, Microsoft, grand fournisseur de serveurs décentralisés, arrive en tête du classement. En troisième position, avec 1,4 %, on trouve l’exploitant chinois de grands barrages hydrauliques China Yangtze Power. Amazon avec 1,1 % occupe la cinquième place, suivi de Tesla également à 1,1 % loué pour ses batteries lithium. Surprise : à la septième place, on découvre Monsanto qui contribue à hauteur de 1 %. L'entreprise américaine, tout juste rachetée par Bayer, est à cette position en raison de la création de semences résistantes (aux sécheresses par exemple).

La place majeure de l’efficacité énergétique

"Une telle analyse vient conforter l’idée que la transition vers une économie bas-carbone ne se fera pas uniquement grâce à des ‘pure players’. Mais il faut garder à l’esprit que la nomenclature d’activités vertes retenues par FTSE est plus inclusive que les taxonomies vertes actuellement en cours de consolidation à l’échelle européenne. La nomenclature FTSE comprend notamment la production d’énergie à partir de combustibles fossiles, dès lors que le bilan carbone d’une technologie est à son avantage par rapport à d’autres plus conventionnelles", tempère Nicolas Redon, Responsable des programmes finance climat chez Novethic.

Il ajoute : "Cette nomenclature ne prend pas non plus position vis-à-vis des effets collatéraux pour le climat et les communautés locales des mines de métaux rares ou des gros barrages hydroélectriques. En revanche, la répartition sectorielle de ces revenus verts illustre l’importance future de l’efficacité énergétique, qui compte déjà pour 40 % des revenus comptabilisés. Le fait que FTSE ait choisi d’étendre sa définition de l’efficacité énergétique à un large périmètre de reports technologiques, tels que le cloud computing, explique la présence de géants du numérique parmi les principales entreprises de ce classement".

Ludovic Dupin @LudovicDupin

(1) Classement : Microsoft 2,4 %, TSMC 2,4 %, China Yangtze Power 1,4 %, ABB 1,1 % Amazon 1,1 %, Tesla 1,1 % Monsanto 1 %, Waste management 1 %, Siemens 0,8 %, NextEraEnergy 0,7 %, HoneyWell 0,7 %


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