Publié le 26 septembre 2017

ISR / RSE

L’Ademe appelle le monde de la finance à se mobiliser sur la transition énergétique de l’industrie

Quand on parle d’efficacité énergétique dans l’industrie, il n’y a pas que le directeur d’usine et l’ingénieur process qui sont à consulter. Selon l’Ademe, il faut aussi prendre en compte l’avis des directeurs financiers, des investisseurs et des banquiers. C’est en embarquant ces derniers que la performance énergétique deviendra un élément clé dans l’arbitrage de nouveaux projets.

Un creuset de Vallourec. L'industriel fait des efforts pour abaisser sa consommation énergétique et ses émissions de CO2.
Vallourec

L’industrie est un poids lourd de la transition écologique en France. Elle représente 20 % de la consommation d’énergie, 30 % de la consommation d’électricité, plus d’un tiers des émissions de CO2. Selon l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), le secteur a déjà fait beaucoup d’efforts. Entre 1990 et 2014, il a réduit sa consommation d’énergie de 11 % et ses émissions de gaz à effet de serre de 40 %.

Mais beaucoup reste à faire. L’Agence calcule qu’il est encore possible d’améliorer l’efficacité énergétique moyenne de l’industrie hexagonale de 20 % d’ici 2035. Ce serait même une condition sine qua non pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique. Pourtant "force est de constater que les niveaux d’investissements des entreprises restent faibles", déplore l’Ademe.

Des acteurs de la finance aux manettes

Pour atteindre cet objectif, trois types d’acteurs sont clés : les référents énergie dans l’industrie, les bureaux d’études et de conseil et le monde de la finance. À l’occasion du lancement de la 2e édition du Colloque Énergie Industrie, l’Ademe lance un appel à ce troisième groupe pour s’emparer du sujet de l’industrie du futur. "Ce sont les acteurs de la finance qui sont aux manettes quand il s’agit d’améliorer les process industriels", n’hésite pas à affirmer David Marchal, directeur adjoint Production et énergies durables à l’Ademe.

"Les acteurs financiers internes (directeurs financiers) ou externes (banquiers, investisseurs) doivent prendre conscience de l’importance de la performance énergétique pour contribuer pleinement aux prises de décision", explique Sylvie Padilla, responsable du service Entreprises et Dynamique industrielles. Pour l’agence, la performance énergétique doit devenir un critère de sélection des différents projets d’investissement des sites industriels. Mais les experts ont conscience que ce seul critère n’est pas suffisant pour lancer de lourds investissements dans les process industriels.

Surfer sur l’industrie du futur

Selon une étude de l’Ademe avec les entreprises Axens, ENEA, GRDF et GRTgaz, "il y a des dynamiques positives (…) dès lors que l’intégration de la performance énergétique s’inscrit dans des projets d’investissement plus larges autour de l’augmentation de la production, la maintenance ou le numérique". Sylvie Padilla traduit : "Il faut profiter de la modernisation de l'industrie française pour gagner en performance énergétique. Tel est l'enjeu de l'industrie du futur".

Reste que les gains engendrés par des transformations énergétiques des process sont difficiles à mesurer, reconnaît l’agence gouvernementale. Pour passer cet obstacle, l’Ademe appelle à surfer sur la vague du numérique qui va permettre de mieux piloter les process, tandis que s’opéreront un rapprochement opérationnel et une acculturation commune des acteurs industriels et financiers. Ingénieurs et investisseurs main dans la main, c’est aussi ça l’industrie du futur.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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