Publié le 05 mars 2019

FINANCE DURABLE

Sept des dix fonds européens les plus performants sur le climat sont français

BNP Paribas AM, la Financière de l’Échiquier, la Banque postale, Mirova… Les sociétés de gestion françaises se sont taillées la part du lion du classement de la stratégie carbone des fonds d’investissements européens, établi par la société de notation Climetrics. Une bonne nouvelle pour la place financière parisienne, qui se rêve en capitale de la finance verte.

Ecolabel europeen Pogonici
La réglementation a poussé à verdir la finance.
@Pogonici

Les fonds français se distinguent. La société Climetrics, qui note les fonds d’investissement européens en actions sur leur stratégie bas carbone, a sorti un classement des dix fonds les plus performants en matière de changement climatique. Sept sont commercialisés par des sociétés françaises.

BNP Paribas Asset Management truste les deux premières places du classement, avec un fonds spécialisé dans les entreprises permettant une alimentation de qualité et l’accès aux soins, et un fonds en actions classique. La société Mirova, filiale de la banque Natixis, classe également deux fonds dans le top 10 (cinquième et septième positions), tout comme le Belge Candriam. Trois autres Français placent un de leurs fonds dans le palmarès : la Financière de l’Échiquier, la société de gestion de la Banque postale, et OFI Asset management.

Évaluer la qualité des portefeuilles

Pour établir son classement, Climetrics prend en compte à la fois la stratégie d’engagement en faveur du climat de la société de gestion et la gouvernance climatique du fonds, à savoir le fait qu’il inclue des critères Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans ses choix d’investissement, le fait qu’il dispose de labels dédiés (ISR ou TEEC dont Novethic est auditeur), etc.

Mais 85 % de la note provient de l’évaluation des sociétés composant le portefeuille. Pour cela, Climetrics prend en compte le score de l’entreprise établi par CDP (l’ancien Carbone disclosure project) et les données issues d’ISS-climate, les deux maisons-mère de Climetrics. La société évalue près de 4500 fonds d’investissement en Europe, qui représentent 30 % du marché.

Ce classement tombe à point nommé pour le gouvernement français qui entend faire de Paris l’une des capitales mondiales de la finance verte. La compétition est rude, chaque place financière souhaitant attirer ces nouvelles opportunités de financement. La ville lumière arrive pourtant à faire valoir ses arguments.

En mars 2018, le cabinet PwC et I4CE (filiale de la Caisse des dépôts, comme Novethic) comparaient sept places financières mondiales en fonction des financements accordés pour la transition énergétique et écologique. Francfort, l’un des concurrents européens les plus sérieux de Paris, arrive en première position pour la part d’obligations vertes par rapport au volume total d’obligations émises. Mais Paris dépasse largement les autres places financières en termes de volume de green bonds : 33,7 milliards de dollars émis entre 2009 et 2017, contre 15,3 milliards à New York, son challenger.

Paris, deuxième Bourse verte du monde

La Bourse de Paris se hisse par ailleurs en deuxième position du classement 2018 des Bourses mondiales durables, établi par la Sustainable stock exchanges initiative. Le rapport de cette initiative des Nations Unies classe les marchés financiers en fonction de la qualité du reporting sur les critères Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) des entreprises cotées. Paris gagne une place par rapport à 2017, sans réussir toutefois à détrôner Helsinki (Finlande), toujours première.

Ces résultats, Paris les doit en partie à la réglementation sur le reporting extra-financier mise en place depuis le début des années 2000. Avec en point d’orgue l’article 173 de la loi de 2015 sur la transition énergétique et pour la croissance verte, qui pousse les acteurs économiques à la transparence en matière de risque climatique et à communiquer sur le verdissement de leurs portefeuilles.

Des efforts restent toutefois à faire pour véritablement verdir la place parisienne. Le rapport des députés Bénédicte Peyrol (LREM) et Christophe Bouillon (PS) du 30 janvier 2019 préconise notamment de renforcer les exigences de reporting climat, mais aussi d’augmenter l’offre d’épargne verte à destination des particuliers.

Arnaud Dumas @ADumas5


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