Publié le 18 janvier 2012

ENVIRONNEMENT

Les campus français se mettent-ils au vert ?

En 2009, universités et grandes écoles s'accordaient sur un « plan vert », qui devait encadrer les actions visant à intégrer le développement durable dans leurs établissements. Une 2e version de ce plan est présentée lors du colloque « éco-campus » les 19 et 20 janvier à l'Unesco.

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Campus vert de Paris X Nanterre

« Depuis 2009, j'ai le sentiment que les choses ont évolué : à titre d'exemple, il existe désormais au sein des universités et des grandes écoles un vice-président en charge du développement durable, ou a minima un chargé de mission. Chaque établissement choisit un domaine de prédilection », déclare Sylvie Faucheux présidente de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et co-présidente du groupe de travail de la Conférence des présidents d'université (CPU) sur le développement durable. « Certains établissements sont exemplaires sur la gestion environnementale de leur campus, d'autres sur la politique sociale ou sur l'intégration du développement durable dans la recherche», complète Aurore Klepper, responsable des projets de la chaire Campus durables chez UVSQ. Jean-Christophe Carteron, directeur délégué à la RSE d'Euromed Management et président du groupe développement durable de la Conférence des grandes écoles (CGE), distingue ainsi l' université de Montpellier, dont « la politique diversité est un modèle inspirant».
Le développement durable deviendrait-il un critère de choix pour les étudiants ou les chercheurs ? « Non, mais il est sûr que cette dimension interroge les établissements. Preuve en est avec la mise en place conjointe par la CPU et la CGE du 'plan vert' », poursuit Sylvie Faucheux. « D'ici un ou deux ans, on pourra dire sans rougir de certains établissements qu'ils sont des éco-campus », estime-t-elle.

Article 55 de la loi Grenelle 1

Le « plan vert » a été mis en place en 2009, en application de l'article 55 de la loi Grenelle I, par les universités et les grandes écoles pour encadrer les actions de développement durable de leurs établissements. Le référentiel qui en découle permet aux établissements de faire un état des lieux sur l'ensemble des thématiques liées à leur responsabilité. « Une centaine d'établissements a rempli le référentiel, soit un quart des établissements français », note Jean-Christophe Carteron. Certes, l'enseignement supérieur prend conscience des enjeux, selon le directeur RSE d'Euromed, « mais quels sont les moyens humains et financiers alloués ? C'est bien de créer des masters spécialisés en développement durable. Trente étudiants sur le campus seront formés, mais quid des 99% restants ?»
En décembre dernier, un accord tripartite baptisé « partenariat pour le développement durable des établissements d'enseignement supérieur » a été signé entre la CGE, la CPU et la fondation Fondaterra de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Cet accord « vient formaliser et pérenniser la démarche commune entreprise. Nous allons continuer à développer des outils ensemble », tel que Evvades, un outil en ligne d'auto-évaluation sur le développement durable pour les établissements, met en avant Aurore Klepper, ou tel que le guide plan de déplacements campus, car « avec deux millions d'étudiants, la mobilité est l'un des grands enjeux ».

Déclaration de Rio pour l'enseignement supérieur

« La grosse révolution du 'plan vert', c'est quand même la collaboration de la CPU et CGE », souligne Jean-Christophe Carteron. Ce travail conjoint « créé une dynamique et la conférence de la semaine prochaine en est le meilleur exemple ». Les 19 et 20 janvier se tient en effet un colloque sur les « éco-campus » à l'Unesco, organisé par la CPU et la CGE, où présidents et experts issus de différents pays européens mais également des Etats-Unis échangent avec les chefs d'établissement français. « Une 2e version du plan vert, simplifiée, sera officiellement présentée », précise la présidente d'UVSQ. Il sera par ailleurs question des conditions d'une future labellisation des établissements supérieurs. « Nous préconisons une labellisation par les pairs, et la création d'une commission mixte CPU-CGE», déclare Sylvie Faucheux. Mais « faut-il récompenser l'effort ou le résultat ? », s'interroge Jean-Christophe Carteron, rappelant qu'universités et grandes écoles font « face à une grande disparité d'enjeux », à l'instar d'une fac de chimie et d'une fac de lettres qui n'induisent pas les mêmes impacts. La CPU et la CGE profiteront également du colloque à l'Unesco pour présenter les propositions qu'elles porteront conjointement à la conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable, Rio +20, qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012. « Peu importe que l'ensemble des parties prenantes (Etats, ONG, entreprises...) soit d'accord sur tous les points soulevés à Rio...Tant que les gens ne sont pas formés aux enjeux du développement durable, on se revoit dans dix ans pour débattre à nouveau des mêmes points. L'enseignement, supérieur en particulier, a un vrai rôle à jouer », affirme Jean-Christophe Carteron. C'est pourquoi, avec l'Unesco et le Pacte mondial, une « déclaration de Rio pour l'enseignement supérieur » a été rédigée. « Nous allons la faire signer à 1000 patrons de grandes écoles et d'universités à Rio, espère-t-il. Des groupes de travail avec l'Unesco seront ensuite créés". Une prophétie autoréalisatrice ?


Ioana Doklean
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