Publié le 24 septembre 2007

ENVIRONNEMENT

Montréal : avancée décisive pour restaurer la couche d'ozone

Le protocole de Montréal, qui vise à restaurer la couche d'ozone en supprimant certaines substances, a fêté triomphalement ses 20 ans. Les deux cent pays signataires sont en effet parvenus à un accord qualifié d' historique par le PNUE, grâce auquel les HCFC seront éliminés dès 2020 au lieu de 2030, échance initialement prévue.

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Crée en 1987, le protocole de Montréal vise à éliminer les substances chimiques qui appauvrissent la couche d'ozone. Vingt ans plus tard, cet accord mondial est reconnu comme un véritable succès en matière d'environnement. Il a permis aux pays industrialisés de réduire de 95% les substances visées par ce traité, dont les CFC utilisés dans les aérosols et les procédés de réfrigération. Les Nations-Unies ont voulu profiter de ce succès pour parvenir à unaccord plus ambitieux sur l'élimination des HCFC, peermettant également de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le résultat est à la hauteur des ambitions, puisque les 191 pays signataires sont parvenus à un accord, le 22 septembre, sur l'élimination des HCFC(hydrochlorofluorocarbones).

Les pays industrialisés ont en effet accepté d'avancer de 10 ans (2020 au lieu de 2030) l'élimination des HCFC, substances nuisant à la couche d'ozone et émettrices de gaz à effet de serre. Déjà, ils avaient réussi à éliminer, en 20 ans, 95 % des Substances Appauvrissant la Couche d'Ozone (SACO), permettant, d'ici 2050, à la couche d'ozone de retrouver ses niveaux d'avant 1980.
A ce bilan positif est venu s'ajouter une heureuse surprise : les récentes études des experts onusiens révèlent que le retrait massif de ces substances a eu un impact significatif sur le réchauffement climatique. Certaines substances éliminées se sont en effet révélées être une source importante d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Huit milliards de tonnes de GES ont ainsi été évitées depuis l'entrée en application du protocole, soit une réduction de 25 % des émissions de GES mondiales. Soit davantage, également, que les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012.
Cet impact ayant été établi avec certitude, l'enjeu du sommet qui s'est tenu à Montréal n'était pas seulement la poursuite des efforts déjà réalisés, mais également la négociation sur l'après-Kyoto. Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), avait ainsi déclaré au journal québécois Le Devoir que si la communauté internationale acceptait de « devancer de dix ans l'échéancier d'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone, elle réduira par le fait même les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine de 3,5 % ». C'est désormais chose faite et la Maison Blanche a estimé que "les bénéfices potentiels (de cet accord) seraient équivalents voire supérieurs à ceux auxquels pourrait parvenir le protocole de Kyoto". Une avancée à quelques jours du sommet de Whasington sur les changements climatiques?

Pour l'heure, 88 000 tonnes de SACO sont encore émises chaque année, dont la grande majorité (76 000 tonnes) par les pays en développement. C'était du reste l'enjeu de cette conférence, car les HCFC, qui ont succédé aux CFC (ChloroFluoroCarbures), sont de plus en plus employés dans des pays comme la Chine et l'Inde. 75% des HCFC y sont en outre utilisés pour les climatiseurs et les appareils de réfrigération dont les ventes ont explosé ces dernières années. Malgré les nouveaux procédés existants, l'utilisation de HCFC-22 en Inde et en Chine aurait augmenté de 35% par an au cours des dernières années. La tendance devrait néanmoins s'infléchir plus vite que prévu, puisque les pays en développement ont également accepté d'avancer de 10 ans (2030 au lieu de 2040) leur élimination.

Véronique Smée
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