Publié le 17 juin 2018

ENVIRONNEMENT

[LE CHIFFRE] Le QI moyen diminue à cause de nos modes de vie

Une nouvelle étude publiée par des chercheurs norvégiens vient confirmer une vérité difficile à avaler : les générations nées après 1975 seraient moins intelligentes que leurs aînées. En cause, des facteurs environnementaux et culturels affirment les experts comme la dégradation de la santé, de la qualité des aliments ou encore du temps passé devant les écrans.

Les jeunes norvégiens nés après 1975 ont perdu 0,3 point de QI par an par rapport à leurs grands frères.
@iStock / BrianAJackson

Nous sommes plus bêtes que nos parents et nos enfants seront plus bêtes encore que nous. Voici la conclusion d’une nouvelle étude confirmant l’inversion de l’"effet Flynn" qui veut que partout dans le monde, le quotient intellectuel (QI) suive une courbe de croissance en raison de l’amélioration des conditions de vie et d’éducation.

Dans un article publié dans les comptes-rendus de l’Académie des sciences américaines (PNAS), lundi 11 juin, des chercheurs norvégiens ont mesuré le QI de 730 000 hommes nés entre 1962 et 1991 et ont comparé entre eux des frères issus d’une même famille afin de coller au plus près à l’évolution de la population. Et le résultat est sans appel. Le QI augmente de 0,2 point par an pour ceux nés avant 1975, mais il recule de 0,33 point pour ceux nés après 1975.

Des hypothèses écartées

Les experts sont formels : cette régression s’explique par des facteurs environnementaux au sens large et non pas par les gènes ou la sociologie. Ils suggèrent ainsi que le temps passé devant les écrans, la baisse des systèmes éducatifs, la dégradation de la nutrition et de la santé expliquent ce phénomène, sans toutefois établir de hiérarchie entre les différentes causes.

D’autres études affirment que les Britanniques auraient perdu en moyenne 14 points de QI depuis la Seconde Révolution industrielle, tandis que les Français en ont perdu 3,8 entre le début des années 2000 et 2010. Certains scientifiques invoquent un effet dit "dysgénique" [par opposition à eugénique] qui voudrait que les familles les moins intelligentes procréent davantage et fassent donc baisser le niveau. D’autres avancent aussi le fait que la hausse de l’immigration, entraînant l’arrivée d’enfants moins éduqués, fait baisser le niveau général.

Mais l'étude norvégienne réfute ces deux hypothèses, car elle est menée sur des fratries. Par ailleurs, ces résultats sont d’autant plus impressionnants qu’ils ont été réalisés dans un pays qui truste toujours les premières places en matière d’éducation. 

1 enfant sur 68 atteint d’autisme

Les pollutions environnementales entraînent d'autres troubles. Dans "Demain tous crétins", un documentaire diffusé en novembre dernier sur Arte, Barbara Demeneix, professeure au Muséum d’histoire naturelle de Paris, pointait quant à elle une explosion des perturbateurs endocriniens dans notre quotidien. Ils auraient été multipliés par trois depuis cinquante ans.

"En interférant avec les hormones thyroïdiennes de la femme enceinte, ces substances sont susceptibles d’altérer le développement du cerveau de l’enfant" explique-t-elle. Conséquences : une multiplication des troubles du comportement (autisme, syndrome d’Asperger, hyperactivité…). En 1975, 1 enfant sur 5 000 présentait un trouble autistique contre 1 sur 250 en 2001 et 1 sur 68 aujourd’hui.

Concepcion Alvarez, @conce1


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