Publié le 02 janvier 2019

ENVIRONNEMENT

[Danger plastique] Deux ans après l’interdiction des sacs plastiques fins, les Français ont pris le pli

Faire ses courses avec son cabas ou son sac en tissu sous le bras est devenu une habitude pour bon nombre de Français. Ces derniers se sont adaptés deux ans après l'interdiction des sacs plastiques jetables. Reste encore à avoir un bilan chiffré précis. Face au danger mortel qu’est le plastique pour l’environnement et la biodiversité, Novethic vous propose chaque semaine de découvrir une nouvelle facette de ce matériau omniprésent.

Depuis le 1er janvier 2017, les sacs plastiques sont interdits en caisse.
@seb_ra

Le 1er juillet 2016, les sacs plastiques fins, dits "à usage unique", disparaissaient des caisses. Le 1er janvier 2017, c'était au tour de ceux utilisés pour d'autres usages (fruits et légumes, poisson, produits en vrac...) d'être interdits.

Ils étaient jusqu'alors largement distribués et se retrouvaient jusque dans les océans, alors qu'ils mettent environ 400 ans à se décomposer. L'Union européenne a tranché en 2015 : les États membres doivent réduire le nombre de sacs plastiques fins à 90 par personne et par an d'ici 2019, puis 40 d'ici 2025.

En France, avant l'interdiction, cinq milliards de sacs plastique fins étaient distribués annuellement en caisse et 12 milliards pour d'autres usages. Deux ans plus tard, les cabas, sacs en tissu ou en plastique épais se sont imposés aux caisses. Les fruits et légumes doivent être emballés dans du papier kraft ou des sacs plastiques bio-sourcés (conçus à partir de matériaux renouvelables comme l'amidon de pomme de terre) et biodégradables (par des bactéries, des champignons...).

De 10 milliards à 500 millions

Il faudra attendre le rapport d'évaluation de la loi, initialement attendu début 2018, pour en mesurer précisément les effets. Aucune date pour ce rapport ni données chiffrées n'étaient disponibles auprès du ministère de la Transition écologique, contacté par l'AFP.

Dans la grande distribution, la tendance était lancée depuis plusieurs années. "On était passé de 10,5 milliards de sacs de caisse en 2002 à 500 millions en 2014", indique à l'AFP Philippe Joguet de la Fédération du commerce de la distribution (Auchan, Carrefour, Darty, Décathlon, Leader Price, Monoprix...). Les sacs étant devenus payants, les clients avaient pris l'habitude d'apporter les leurs.

La grande distribution en première ligne

La grande distribution met aujourd'hui en circulation environ un milliard de sacs réutilisables chaque année, estime-t-il. Les cabas sont réutilisés au moins une vingtaine de fois et les sacs en plastique épais - plus de 50 microns - une dizaine de fois. Le changement a été plus compliqué pour les autres usages (fruits et légumes et autres), selon Philippe Joguet, avec la nécessité de "réorganiser les circuits d'approvisionnement" et de nouveaux sacs plus chers.

"Les chaînes de la grande distribution ont bien respecté la mesure", confirme Laura Châtel de l'ONG Zéro Waste. Elle regrette pourtant que les sacs soient encore proposés "de manière quasi-systématique" chez les petits commerçants ou dans la vente à emporter.  D'autant plus problématique que les sacs sont souvent petits et difficilement réutilisables.

Si la législation a ses limites, reste que cette interdiction "a ouvert la voie" à la suppression des plastiques à usage unique, estime Philippe Joguet de la FCD. La France veut interdire les pailles, touillettes, couverts et contenants jetables en plastique en 2020. L'Union européenne compte mettre fin aux produits en plastique à usage unique si possible en 2021.

Ludovic Dupin avec AFP


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Pollution

Fleuves impropres à la consommation, terres stériles, produits toxiques déversés massivement, la liste des pollutions de toutes natures est longue. Les initiatives visant à les réduire se font plus nombreuses mais elles restent très inférieures aux besoins.

Business de l air nuage entreprises pollution

Business de l'air : contre la pollution, ces entreprises vendent de l'air pur

C'est un véritable marché : l'air. Des bars à oxygène en plein pic de pollution à New Delhi, des bouteilles remplies de l'air pur des hautes montagnes... Certaines entreprises n'hésitent pas à jouer sur les peurs de la population face à la détérioration de l'atmosphère urbaine, sans aucune garantie...

Crime ecocide protection environnement terre pixabay

Rejetée par le gouvernement, la reconnaissance du crime d’écocide est loin d'être enterrée

Le 12 décembre dernier, à la veille de la clôture de la COP25, les députés français ont rejeté la reconnaissance du crime d’écocide dans le droit pénal. Mais les débats dans l'hémicycle ont fait apparaître un réel intérêt pour le sujet de façon transpartisane. Un rapport doit par ailleurs être rendu...

Incendie Lubrizol Philippe LOPEZ AFP

Trois mois après un gigantesque incendie, le site Seveso de Lubrizol redémarre

En septembre dernier, un incendie sur l’usine Seveso de Lubrizol avait émis une fumée noire sur Rouen et ses alentours. Alors que l’enquête est encore en cours sur l’origine du feu, la préfecture a autorisé la réouverture du site.

Incendies forets reserve pixabay

Écocide : nouvelle tentative pour faire entrer le crime contre l’environnement dans le code pénal français

Les atteintes aux écosystèmes n'ont jamais été reconnues comme un crime dans le droit international. Mais des députés socialistes poussent en ce sens. Ils ont déposé une proposition de loi visant à reconnaître dans le code pénal français le crime d'écocide, contre l'environnement. Ce serait une...