Publié le 17 juillet 2018

ENVIRONNEMENT

Amsterdam part en guerre contre le tourisme de masse

Amsterdam part en lutte contre le tourisme : Airbnb limité à 30 jours, voire interdits ; pas de bateaux de touristes dans le centre-ville ; taxes de séjour en hausse... La ville a pris une série de mesures pour réduire l'afflux de voyageurs estimé à 18 millions chaque année. 

La population des Pays-bas avoisine les 17 millions, tandis que les touristes se chiffrent à 18 millions.
Pixabay

Ils sont trop nombreux. 18 millions de touristes déambulent chaque année dans les rues d’Amsterdam. C’est plus que le nombre d’habitants des Pays-Bas. Et le chiffre pourrait grimper à 30 millions de touristes d’ici 2025. Résultat : la qualité de vie se dégrade.

"L'overtourisme" est une forme de pollution 

"Regardons les choses en face : l’overtourisme est une forme de pollution, à la fois sociale et environnementale", écrit The Telegraph. "De la même manière que nous devons reconsidérer les attitudes envers une usine qui peut être bonne pour l’économie, mais qui déverse du poison dans une rivière, nous devons repenser la manière dont nous gérons le tourisme et comment nous, en tant que touristes, nous comportons".

Ainsi, la ville vient d’annoncer un arsenal de mesures censé limiter le tourisme de masse, qui rappelons le, représente aujourd’hui un dixième des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Concrètement, les locations Airbnb seront interdites dans certains quartiers d’Amsterdam et pour les autres, elles seront limitées à 30 jours par an. De même, les bateaux de touristes débarqueront et embarqueront à l’extérieur du centre-ville. Une campagne Enjoy and Respect va être lancée pour rappeler les sanctions : uriner dans un canal équivaut à 140 euros d’amende, l’ivresse publique 95 euros ou jeter un mégot de cigarette 140 euros.

Des taxes touristiques 

Ce plan sera financé par une augmentation de la taxe de séjour dans toute la ville. Ces taxes touristiques devraient atteindre 105 millions d’euros d’ici 2022. "C’est une ville où la liberté est importante et vous devez accepter un certain degré de nuisance, mais c’est maintenant incontrôlable", a déclaré Stephen Hodes du think thank indépendant In Progress. "Le cœur du problème est qu’il y a trop de touristes. La seule chose à faire est de prendre des mesures radicales, sinon c’est un ghetto de consommation, pas une ville où les gens vivent".

Plusieurs autres villes ont décidé de limiter l’accès des touristes. À Venise, en Italie, des portiques sont testés pour réguler leur afflux. En Islande, il est désormais demandé aux voyageurs de prêter serment devant une charte de protection de leurs sites naturels. En 7 ans, le nombre de touristes a explosé de 264 %, augmentant les risques pour l’environnement. 

Marina Fabre @fabre_marina 


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