Publié le 13 octobre 2022

ENVIRONNEMENT

On vous invite à bord de Plastic Odyssey, où les low-tech s'attaquent à la pollution plastique

Lutter contre la pollution plastique, c’est la mission que s’est donnée Plastic Odyssey. Avant son grand départ pour la Méditerranée, l’équipage du navire nous a accueillis pour découvrir les coulisses de cette expédition unique. Bienvenue à bord !

Plastic odyssey navire expedition pollution plastique
Plastic Odyssey part pour trois ans d'expédition autour du monde pour lutter contre la pollution plastique.
Plastic Odyssey

À peine arrivés dans l’enceinte du port, c’est l’effervescence. Sous le soleil marseillais, toute l’équipe de Plastic Odyssey est à pied d’œuvre pour la mise à l’eau de son navire ambassadeur. Dernier coup de peinture sur le pont et ultimes préparatifs dans l’atelier des machines, l’excitation est palpable. Et pour cause : après plus de deux ans de chantiers et un départ repoussé, l’équipage est enfin prêt à démarrer son "tour du monde des solutions pour protéger l’océan". 

Lancé en 2016 par Simon Bernard et Alexandre Dechelotte, deux officiers de la marine marchande, le projet a pour but de lutter contre la pollution plastique en misant d’un côté sur la sensibilisation et la pédagogie, de l’autre sur la revalorisation des déchets. "En moyenne, 20 tonnes de plastique se déversent toutes les minutes dans l’océan à l’échelle mondiale", rappelle Alexandre Dechelotte, Directeur de la communication de l’expédition. Mais si la pollution se voit surtout en mer, "c’est vraiment à terre que tout se joue" précise-t-il. 

"Nettoyer le passé" grâce aux low-tech

Plastic Odyssey cible ainsi la source du problème au travers de deux missions centrales, "clean up the past and build the future", soit en français "nettoyer le passé et construire le futur". Pour cela, l’équipage a cartographié les zones où la pollution plastique est la plus importante et où les infrastructures de traitement des déchets viennent à manquer. Pendant trois ans, il va sillonner les océans pour répandre et développer des usines locales de recyclage en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. À chaque escale, une dizaine d’entrepreneurs seront formés au recyclage du plastique grâce à des machines low-tech, dont les plans seront rendus accessibles à tous. 

Broyeur, bac de lavage, extrudeuse, presse hydraulique… Le navire comporte un véritable atelier embarqué permettant de nettoyer, fondre et mouler le plastique afin de fabriquer des matériaux de construction, du mobilier ou encore des tubes de canalisations. "Ces objets ont un vrai intérêt économique local" souligne Alexandre Dechelotte. Le projet vise ainsi à créer de la valeur et des emplois, tout en revalorisant des déchets qui sont jusqu’ici stockés sans finalité, quitte à terminer leur vie dans les mers et les océans. Sur le pont supérieur, une dernière machine attise la curiosité. Il s’agit d’une pyrolyse destinée à transformer le plastique non recyclable en carburant. Mais "ça n’est pas la panacée, prévient l’officier. Comme elle est assez coûteuse en énergie, c’est une solution d’urgence pour les zones excentrées."

Une expédition zéro plastique

En parcourant les cabines, nous découvrons ensuite les aménagements réalisés sur cet ancien navire de 1975 pour l’adapter à un mode de vie zéro déchet. Car c’est bien le challenge qui attend les membres de l’équipage : vivre et naviguer en utilisant le moins de plastique possible. Un choix en ligne avec la mission de sensibilisation de Plastic Odyssey. Pour le fondateur du projet, le traitement des déchets ne peut pas suffire à régler le problème, "il faut travailler à des voies de sorties de la dépendance complète que l’on a vis-à-vis du plastique." 

Chaque escale sera donc l’occasion d’installer un village des solutions pour proposer des outils et des alternatives aux citoyens, tout en attirant leur attention sur les conséquences de la pollution. En touchant ainsi tous les publics, des habitants aux décideurs, en passant par les investisseurs, Plastic Odyssey vise à former une communauté mondiale autour des enjeux de la pollution plastique. Prochaine étape : le Liban.

Florine Morestin


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