Publié le 24 septembre 2013

ENVIRONNEMENT

Et le consommateur devint producteur...

Les citoyens sont de plus en plus nombreux à vouloir changer leurs habitudes de consommation. La recherche de produits plus respectueux de l'environnement ou l'essor du « faire soi-même » en sont la preuve. Sur le terrain, des communautés se créent autour de ces tendances de fond. Objectif : se regrouper et interagir pour faire évoluer la société.

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© Maker Faire

La tendance du « consommer autrement » s'accélère. On le voit dans les études d'abord, comme par exemple dans l'enquête consommateurs annuelle publiée par Ethicity. Dans l'édition 2013 publiée récemment, le cabinet d'études précise : « Alors qu'en 2011 et 2012, nous estimions à un tiers la population totalement imperméable aux enjeux et solutions pour une consommation plus responsable, on observe cette année une augmentation du niveau de conscience dans tous les groupes avec le rattrapage et l'augmentation de la perméabilité des types les moins sensibles et engagés. » Mais cette tendance se constate également dans les faits, avec la multiplication de réseaux d'un nouveau genre, dont l'ambition est de créer une émulation au sein de la population.

Produire sa propre consommation

Initié aux Etats-Unis, le concept Maker Faire en est une bonne illustration. Son principe : rassembler en un lieu unique, pendant plusieurs jours, une communauté de « makers », c'est-à-dire de personnes qui fabriquent, réparent ou détournent l'utilisation des objets. Imaginé par le magazine américain « Make : », l'événement a grandi au point d'avoir aujourd'hui un rayonnement mondial : on trouve des rassemblements « Maker Faire » dans plusieurs Etats américains, mais aussi au Japon, en Italie, en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni... et désormais en France. Les 11 et 12 octobre 2013, Saint-Malo accueillera le premier Maker Faire français sur l'initiative de FabShop, un atelier de fabrication digitale breton qui a acheté la licence. « Nous voulions inscrire la France dans le "maker mouvement". Celui-ci part de l'idée que, derrière les initiatives imaginées dans des garages, il existe de grandes innovations qui ne sont pas assez exposées au grand jour », explique Jean-Baptiste Le Clec'h, Chef de projet Maker Faire. Création de produits, mais aussi réparations d'objets sont au menu de ce réseau, dont l'ambition est aussi de lutter contre l'obsolescence programmée des produits. L'événement va même faire des émules : Paris devrait ainsi accueillir son premier Maker Faire en juin prochain, et d'autres villes, comme Strasbourg, Nantes ou Toulouse, devraient suivre rapidement. « L'objectif est de donner au mouvement la même ampleur qu'aux Etats-Unis », ambitionne Jean-Baptiste Le Clec'h. Outre-Atlantique, les deux salons phares que sont ceux de San Mateo (baie de San Francisco) et New-York, ont attiré l'an dernier 165 000 personnes à eux deux, un record depuis la création du mouvement.

Autre exemple de réseau similaire dans l'Hexagone : l'Open Bidouille Camp. Cette « grande fête de la bidouille », comme elle se définit, se déroule en région parisienne (à Gennevilliers) mais aussi à Lille, Bordeaux, Brest et d'autres villes françaises. Là encore, l'objectif est de construire un réseau de personnes autour du bricolage créatif et du « do it yourself ».

Favoriser l'émergence d'initiatives durables

La consommation responsable se développe au sein de la population, y compris auprès des moins initiés qui cherchent, à leur niveau, à mettre leur pierre à l'édifice en achetant des produits plus durables. C'est en partant de ce constat que Newmanity, Shamengo et LH Forum1 ont décidé de créer l'événement « 1000pionniers », qui présente au grand public plusieurs innovations vertes et sociales remarquables qui « peuvent changer le monde ». Au-delà de cette exposition, 1000pionniers.com est surtout un réseau social de créateurs. Sur le site, les pionniers sont invités à poster leurs innovations. Et lorsque la plateforme atteindra 1 000 projets, les organisateurs et leurs partenaires sélectionneront 30 créations qui seront soumises aux votes de la communauté. Les 3 projets plébiscités reporteront, entre autres, une campagne media réalisée par Newmanity. « Les créateurs ne sont pas toujours de bons commerciaux et peinent à développer leur business. Le réseau mettra également en relation ces offreurs de services avec des entreprises prêtes à acheter autrement », ajoute Victor Ferreira, Président de Newmanity.

Toutes ces initiatives, qui remportent toujours plus d'écho, rappellent que les citoyens recherchent les mises en réseaux « physiques », comme une suite logique aux réseaux virtuels. Surtout, ce besoin de se rassembler démontre que les citoyens ont décidé d'agir de l'intérieur pour transformer les codes de consommation. Une manière de faire comprendre au pouvoir politique qu'ils ne l'attendent pas pour engager cette mutation.

1 Voir aussi l'interview de Jacques Attali sur l'économie positive

Céline Oziel
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