Publié le 18 février 2018

ENVIRONNEMENT

[LE CHIFFRE] : Los Angeles, San Diego, Lima, Caracas... 20 grandes villes qui vont manquer d’eau ces prochaines années

Cette semaine, les autorités sud-africaines ont placé le pays en état de catastrophe naturelle en raison de la sécheresse historique qui frappe depuis trois ans la ville du Cap. Cette situation pourrait bientôt se généraliser à une centaine de métropoles à travers le monde d’ici 2050. En cause : le réchauffement de la planète et la multiplication des épisodes extrêmes.

Les restrictions pourront aller jusqu’à 150 litres d’eau par habitant et par jour.

D'ici 2030, le monde devra faire face à un déficit en eau de 40 % alors que la demande ne va faire qu’augmenter en raison de l'urbanisation galopante. À l'image du Cap en Afrique du Sud, des dizaines de métropoles à travers le monde pourraient se retrouver à sec. Une étude publiée dans la revue Nature au début de l’année (1) estime ainsi qu’une bonne centaine de grandes villes sont sous la menace de pénurie d’eau d’ici 2050.  

Le Jour Zéro – qui marque le moment où l'eau des robinets sera tarie - va bientôt frapper l’Afrique du Sud. Il touchera à l’avenir des villes comme Los Angeles, Phoenix, San Diego ou Long Beach aux États-Unis, Porto Alegre, San Salvador, Lima en Amérique du Sud ou encore des villes indiennes comme Jodhpur ou Jaipur. Les déficits d'eau vont dépasser en moyenne 100 millions de mètres cubes par an (la moitié de la consommation de Paris). Et pour y faire face, les restrictions pourront aller jusqu’à 150 litres d’eau par habitant et par jour. À titre de comparaison, un Français consomme 165 litres d’eau chaque jour.  

Des nappes phréatiques vides  

Le principal facteur pour expliquer ces pénuries d’eau est le réchauffement climatique et les épisodes météorologiques extrêmes. Sécheresses mais aussi fortes précipitations empêchent les nappes phréatiques de se remplir car l'eau regagne les océans aussi vite qu'elle est tombée, sans recharger les cours d'eau.

La plupart des régions du monde ont ainsi déjà dépassé ce que le climatologue Peter Gleick appelle le "pic de l'eau". "Les gens vivent dans des lieux où ils utilisent toute l'eau renouvelable, ou encore pire, vivent en sursis en pompant excessivement des eaux souterraines non renouvelables", explique-t-il à l'AFP. D'après les données de la FAO, 45 pays situés principalement en Afrique et au Moyen-Orient sont déjà en situation de pénurie (moins de 1 000 mètres cubes par habitant par an) dont 29 comme l'Algérie, Israël ou le Qatar en situation de pénurie extrême (moins de 500 mètres cubes). 

Selon les experts du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat), à chaque degré supplémentaire, environ 7 % de la population mondiale perdrait au moins 20 % de ses ressources en eau renouvelable.  

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir l'article paru dans la revue Nature.

 

 


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