Publié le 28 février 2018

ENVIRONNEMENT

Gabon : le gouvernement résilie une concession de Veolia en raison de pollutions, l’entreprise française dément

Le gouvernement gabonais a accusé, mardi 27 février, l'entreprise française Veolia de pollution sur son sol, dernière étape dans les accusations mutuelles des deux parties depuis la résiliation par l'Etat le 16 février du contrat de Veolia, qui distribuait l'eau et l'électricité au Gabon.

usine d'eau de la SEEG au Gabon.
SEEG

"Sur la quasi-totalité des sites exploités par la SEEG (Société d'énergie et d'eau du Gabon, filiale de Veolia détenue à 51 % par l'entreprise française), il existe d'importants dégâts environnementaux", a déclaré mardi 27 février à la presse Alain-Claude Bilie By Nze, ministre de la Communication.

"Les huiles et carburants sont déversés à même le sol, sans protection, sans aucune précaution, en violation flagrante du code de l'environnement", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse, soulignant que "des enquêtes seront menées".

"Est-il possible que les sites d'exploitation d'une entreprise comme Veolia en France présentent autant de dégâts sur l'environnement ? Est-il possible qu'en France, Veolia déverse dans les rivières des hydrocarbures et des huiles usagées ?", a questionné le ministre d'Etat.

Le gouvernement gabonais a résilié la concession de Veolia au Gabon le 16 février en "réquisitionnant" les locaux de la SEEG, mettant de facto un terme au management de Veolia. L'entreprise avait dénoncé alors une "expropriation brutale".

Pas d’anomalies lors des audits

"Il est surprenant que toutes les instances de contrôle des autorités publiques (...) n'aient jamais mis en lumière de dégâts environnementaux, alors qu'elles ont diligenté des audits tout au long de la concession", a réagi un porte-parole de Veolia auprès de l'AFP, soulignant que "la SEEG est soumise à des audits réguliers des autorités gabonaises, plus d'une dizaine ces dix dernières années".

Depuis la résiliation du contrat de Veolia, l'entreprise comme le gouvernement gabonais multiplient les interventions dans les médias. Si Veolia assure que les règles du contrat initial en termes d'investissements étatiques "n'ont pas été respectées", le Gabon assène que près de 1 000 milliards de francs CFA (1,5 milliards d'euros) ont été investis par l'État dans la SEEG, selon Alan-Claude Bilie Bye Nze.

La SEEG est souvent critiquée pour les nombreuses coupures de courant et autres pénuries d'eau à Libreville et en provinces. "On ne peut produire d'eau si on n'a pas d'usine...  Et cela, c'était du ressort de l'Etat", avait indiqué mi-février à l'AFP Helman le Pas de Sécheval, secrétaire général du Groupe Veolia.

Pas de dangers sanitaires

De même, l'Etat conteste "la manière dont les montants (de la dette du Gabon à Veolia concernant les consommations de l'Etat) ont été calculées", selon le ministre gabonais, qui indique qu'un audit a été demandé.

Ces dettes sont estimées à 13 milliards de francs CFA, selon le ministre de la Communication. Veolia, de son côté, martèle que le Gabon lui doit, "au titre de ses consommations", 41 milliards de francs CFA.

"L'eau produite et distribuée par la SEEG est toujours potable" et "répond à toutes les exigences sanitaires de l'Organisation Mondiale de la Santé, supérieures aux réglementations gabonaises", a affirmé m Véolia, après que le ministre de la Communication se soit inquiété en conférence de presse de la qualité de l'eau au Gabon suite aux accusations de pollution.

La Rédaction avec AFP


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Eau

Sécheresse, pollution, inondations, les ressources en eau se dégradent. Or l’eau est indispensable à de nombreuses activités industrielles, plus particulièrement dans le secteur de l’énergie. Les projets de grands barrages sont souvent contestés.

Ocean vague rapport giec pixabay

Rapport du Giec sur les océans : le monde est déjà entré dans un cercle vicieux infernal

Après une nuit blanche de débats, les 195 États membres du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ont adopté le rapport d'une centaine de scientifiques sur les impacts du changement climatique sur les océans et les glaciers. Le document de 900 pages démontre le cercle...

Retenue Collinaire

Sécheresse : le gouvernement veut autoriser une soixantaine de retenues d'eau d’ici 2022

Alors que 86 départements français connaissent toujours des mesures de restriction d'eau, le gouvernement prévoit d'autoriser une soixantaine de nouvelles retenues d'eau d'ici 2022 afin de mieux gérer l'irrigation agricole. Ces projets devront toutefois se faire en concertation avec les différentes...

Ressource en eau crise CC0

Cinq chiffres à connaître pour comprendre la crise mondiale de l’eau

Sur la planète bleue, seul 2,5 % de l’eau est potable, le reste est de l’eau salée impropre à la consommation ou pour l’agriculture. Cela reste un volume considérable mais qui ne suffit plus face aux besoins liés à la croissance de la population mondiale, à l’agriculture et à l’urbanisation. Sans un...

[Science] Des antibiotiques polluent les rivières du monde entier

De l'Europe à l'Asie en passant par l'Afrique, les concentrations d'antibiotiques relevées dans certaines rivières du monde dépassent largement les niveaux acceptables, met en garde une étude présentée début juin.