Publié le 26 juillet 2018

ENVIRONNEMENT

[Un danger nommé plastique] Ces bateaux qui dépolluent les océans

Le plastique dans tous ses états. Novethic vous propose cette semaine de comprendre les enjeux d'un monde qui ne jure que par ce dérivé du pétrole. Aujourd'hui, tour d'horizon de ces navigateurs, chercheurs, scientifiques... qui développent des bateaux innovants. L'un aspire les déchets, l'autre les trie, quand le dernier carbure avec des déchets plastiques non recyclables. Cap vers le futur ! 

Plusieurs navigateurs développent des bateaux pour dépolluer les océans.
©ladys / ©SeaCleaners / ©LucasSantucci/ZeppelinNetwork

Il ne suffit pas de produire moins de plastique. Il faut aussi dépolluer les océans des 8,8 millions de tonnes de déchets de plastiques qui y sont déversés chaque année. Les mers comptent 5 milliards d'objets flottants à leur surface. Leurs impacts sont déjà concrets : microparticules de plastiques dans le sel, microfibres dans les estomacs des créatures marines qui vivent au plus profond des océans, etc. Pour y remédier, des chercheurs, navigateurs, scientifiques, ont développé des bateaux capables de dépolluer une partie des océans. 

Le Manta d’Yvan Bourgnon : un bateau géant nettoyeur des océans 

Il se nomme le Manta, en référence à la raie elle-même d’une envergure impressionnante et pourvue d'une immense gueule. Ce bateau, présenté par le skipper Yvan Bourgnon, va, grâce à des collecteurs, récupérer les déchets plastiques et les trier directement à bord. Le bateau est en effet doté de grandes ouvertures capables d’ingérer jusqu’à 300 mètres cubes de déchets. Il embarque avec lui une véritable usine. En prime, il est entièrement alimenté aux énergies renouvelables. 

Le bateau doit intervenir rapidement pour arriver vers les bancs de plastiques avant qu’ils ne dérivent. Pour cela, le Manta sera propulsé par des voiles DynaRig et par quatre moteurs électriques alimentés par deux éoliennes, ainsi que 2 000 mètres carrés de panneaux solaires.

Pour l’instant, le projet a récolté 150 000 euros grâce à une campagne de crowdfunding. S’il parvient à être financé, une mise à l’eau est prévue en 2021 pour un lancement des missions en 2022.

Plastic Odyssey, le navire qui carbure aux déchets plastiques non recyclables

Alors que le secteur maritime pourrait représenter, d’ici 2050, 17 % des émissions de CO2 de la planète, un ancien officier de la marine marchande a eu l’idée de faire un tour du monde en bateau de 25 mètres de long propulsé par des déchets plastiques. Le but est de sensibiliser à la pollution des océans, mais aussi de ramasser les déchets plastiques des côtés avant qu’ils ne finissent dans la mer. Concrètement, les déchets seront triés puis recyclés grâce au Plastic Odyssey, et ceux non recyclables seront transformés en carburant grâce à une pyrolyse.

Au total, le projet est évalué à 11 millions d’euros. Plastic Odyssey a pour l’instant été financé par trois entreprises privées : Clarins, Crédit Agricole et Fondation Veolia. Reste encore à débloquer les fonds.

Jellyfish, le robot méduse qui dépollue les ports

C’est un peu le fléau des ports. Les déchets jetés par les passants, rejetés par les bateaux, entraînés par la mer s’y retrouvent coincés. Pour y remédier, la société Iadys a créé Jellyfish, méduse en anglais. Ce petit robot télécommandé aspire les déchets qu’il trouve à la surface. Équipé de propulsion électrique et large de 70 centimètres, il peut accéder à des petites zones, contrairement aux gros robots qui ne peuvent pas sillonner entre les bateaux. Il traîne un filet de sac d’une capacité de 80 litres qui récolte ainsi les détritus sur son passage. Et aucun risque : les poissons ont peur de lui, et ne se laissent pas piéger.

Les premiers tests ont été effectués dans plusieurs métropoles dont Aix Marseille qui s’est dite intéressée par le projet.

Marina Fabre @fabre_marina 


© 2021 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Déchets

Electroniques, toxiques, plastiques, les déchets s’accumulent de façon vertigineuse sans qu’ils soient traités de façon adaptée. Tri, collecte, recyclage et réduction sont les différentes formes de lutte contre cette pollution envahissante.

Mcdonalds CC0

[Bonne nouvelle] McDonald’s supprime les jouets en plastique dans ses Happy Meal

Après avoir arrêté les pailles et couvercles en plastique sur ses boissons fraîches, McDonald's vient d'annoncer la fin des jouets en plastique dans ses célèbres Happy Meal. Ils seront désormais en papier ou en carton. Une initiative qui devance la loi économie circulaire datant la fin des jouets en...

Livreur paris coironavirus Edouard Richard HansLucas HansLucas via AFP 01

Deliveroo, Uber Eats, Frichti promettent 100 % d'emballages recyclables d'ici un an

Alors que la livraison de repas explose en France et, avec elle, les millions de déchets liés aux emballages à usage unique, une vingtaine d'acteurs du secteur viennent de signer une charte pour les réduire. Uber Eats, FoodChéri, Deliveroo, Frichti et d'autres s'engagent à réduire de 70 % leurs...

Apres la Chine la Malaisie refuse d etre la poubelle des pays developpes Mohd RASFAN AFP 02

Les pays riches ne pourront plus déverser aussi facilement leurs déchets plastiques dans les États pauvres

Fini les tonnes de déchets plastiques contaminés déversés chaque année dans les pays en développement. Depuis le 1er janvier, les pays européens ne peuvent plus exporter leurs déchets plastiques s'ils ne sont pas propres et recyclables. Une bonne nouvelle pour la Chine ou la Malaisie qui avaient...

Stocamine destockahe partiel mines de potasse d alsace

Stocamine : l’État se prononce pour le confinement définitif de déchets hautement toxiques à 500 mètres de profondeur

Début janvier, Barbara Pompili s'était rendu en Alsace sur le site de Stocamine, où sont enfouis 42 000 tonnes de déchets très toxiques à 500 mètres de profondeur. La ministre de la Transition écologique avait alors défendu l'idée d'un confinement définitif de ces déchets. Elle vient de confirmer...