Publié le 10 juin 2014

ENVIRONNEMENT

Coupe du monde : le Brésil multiplie les initiatives environnementales

Faire rimer "méga-événement" avec "environnement", c’est l’objectif du Brésil à l’occasion de la coupe du monde de football. Pour y parvenir, de nombreuses initiatives ont été encouragées : recyclage de déchets, certification haute qualité environnementale des stades, produits bio et écotourisme. Le gouvernement assure pouvoir compenser la totalité des émissions de CO2 liées à l’organisation du tournoi planétaire. Si la volonté politique semble réelle, elle ne masque pourtant pas certains couacs. Revue de détail

fuleco
La mascotte du Mondial est un tatou à trois bandes brésilien, en voie d’extinction. Son nom, Fuleco, est une contraction des mots « futebol » et « ecologia ».
© FIFA.com

 

La FIFA (fédération internationale de football, ndlr) est sponsorisée par Mac Do. Nous distribuerons des paniers bios aux 18 000 volontaires de la Coupe du monde " ! En effectuant un tel raccourci, la ministre brésilienne de l’Environnement veut envoyer un message. Pour Izabella Teixeira, le pays a largement pris en compte la protection de l’environnement dans l’organisation du tournoi.

La promotion de l’agriculture biologique brésilienne fait ainsi partie des initiatives mises en place par le gouvernement pour réduire l’impact écologique du plus grand événement sportif de la planète.

 

Stades certifiés
 

D’autres initiatives ont également été mises en place : elles concernent la collecte sélective des déchets, l’écotourisme et la certification haute qualité environnementale (HQE) des stades.  

Pour Claudio Longone, l’ancien secrétaire exécutif de l’ex-ministre de l’Ecologie, " tous les stades sont certifiés Leed (Leadership in energy and environnemental design, équivalent américain de la Haute qualité environnementale). Ce n’était pas une exigence de la Fifa, mais c’était la condition pour qu’un stade soit éligible à un prêt de la Banque nationale de développement économique et social " (BNDES), principal financeur public des chantiers de la Coupe du monde.

Une moitié des stades accueillant la compétition disposera d’une certification de base, quatre autres étant labellisés « argent » ou « or ». Les stades de Brasilia et de Belo Horizonte ont quant à eux obtenus une certification « platine », niveau le plus élevé.


 
Cinq tonnes de déchets recyclables par match
 

En matière de recyclage de déchets, c’est le groupe Coca-Cola qui est à la manœuvre. Cinq tonnes de matériaux recyclables seront jetées par match. Pour les collecter, le partenaire de la Fifa a formé 840 « catadores », des travailleurs exerçant une activité à mi-chemin entre celle des éboueurs et des chiffonniers. Ils sont omniprésents dans les villes brésiliennes.

La firme américaine soutient 300 coopératives spécialisées dans la récupération dans 22 des 27 Etats du pays. Si le dispositif devrait être efficace durant la coupe du monde, il pourrait rapidement tomber en déshérence une fois la compétition achevée. " La plupart des villes hôtes ne sont pas en mesure de recycler les ordures ", observe Claudio Langone.


 
96% des émissions liées à l’aviation

 

Côté climat, la ministre de l’Environnement assure que le pays compensera l’intégralité des émissions de dioxydes de carbones (CO2) imputables à l’évènement. Elles sont estimées à 1,4 million de tonnes. 87,1 % proviendront des vols internationaux, 9,2% des vols domestiques, 1,8% de l’hébergement et 0,5% des travaux liés à la construction des stades. A la demande du gouvernement, au moins onze entreprises (1) cèderont au Brésil des crédits carbones issus de projets développés dans le cadre du protocole de Kyoto.

420 500 tonnes d’équivalent CO2 ont déjà été compensées. Le gouvernement mise sur une compensation intégrale d'ici à la fin 2014. Mais il faudra pour cela que d'autres entreprises intègrent le dispositif.

Ces données seront toutefois à consolider après la finale de la compétition : la Fifa avait évalué à 2,7 millions de tonnes d’équivalent CO2 l’impact climatique du tournoi, du fait de l’organisation dans douze villes, accessibles rapidement par les seules voies aériennes.


 
Mobilité urbaine, écotourisme : les points noirs

 

Autre difficulté rencontrée par les autorités, la promotion d’un tourisme durable. Un écotourisme mis en lumière dans le cadre de l’opération "passeport vert", lancée en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue). Si 60 parcours de visites ont bien été créés  dans les douze villes sièges, ils resteront largement méconnus du grand public. Le nombre de professionnels du tourisme participant à l’opération est effectivement très faible.

Il faut enfin noter que les promesses en matière de mobilité urbaine ne seront pas tenues. Seuls 42 des quelques 60 projets promis en 2010 par le gouvernement, les Etats et les villes hôtes, sont en passe d’être réalisés, selon un inventaire réalisé par Greenpeace. " Et moins de 20% seront réellement prêts " pour le tournoi, souligne Barbara Rubim, coordinatrice Climat et énergie de Greenpeace Brésil.

(1) Estre Ambiental, Rima Industrial, Tractebel Energia, Rhodia, ArcelorMittal Brasil, Gerdau, Usiminas, Sinobras, Aperam South America, Vallourec et Bounge

 

 

Victor Roux-Goeken, correspond à Rio de Janeiro
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