Publié le 21 mai 2017

ENVIRONNEMENT

38 millions de déchets plastiques sur une île de 31 km², un triste record !

L’île d’Henderson, située dans le Pacifique, à proximité de l’un des cinq grands vortex de la planète, détient un triste record. Celui de la plus forte densité de débris plastiques au monde : 671 par mètre carré ! Les chercheurs qui se sont rendus sur place lancent un signal d’alerte et appellent à repenser nos modes de consommation.


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Elle est située à l’autre bout de la planète, au sud du Pacifique, entre la Nouvelle-Zélande et le Chili. L’île britannique d’Henderson, une île déserte de 31 km², classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, sera désormais célèbre pour ses plages de détritus. Une étude publiée cette semaine dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) révèle l’ampleur des dégâts.

Les chercheurs qui se sont rendus sur place ont compté 38 millions de morceaux plastiques, soit 671 par m² ! C’est la densité de détritus plastique la plus forte au monde. Chaque jour, plus de 3 570 nouveaux débris viennent s’échouer sur une seule des plages de l’île. Tous rassemblés, ces déchets pèsent plus de 17 tonnes, soit l’équivalent de 17 grosses berlines. Et les chiffres sont encore en-deçà de la réalité puisque les chercheurs n’ont comptabilisé que les déchets de plus de 2 millimètres, se trouvant à moins de 10 centimètres de la surface. Or, selon eux, près de 68 % des déchets sont enfuis plus profondément.

 

 

311 millions de tonnes de plastique produites en 2014

 

Comment cette île déserte, située à plus de 5 000 km du premier grand centre urbain, s’est-elle transformée en poubelle à ciel ouvert ? Elle se trouve en fait sur l’un des cinq grands vortex de la planète, le gyre océanique du Pacifique Sud. Ce gigantesque tourbillon aspire les débris transportés par les courants marins venant d’Amérique du Sud ou provenant des bateaux. Sur les plages de sable blanc, on retrouve donc des filets de pêche mais aussi des objets du quotidien tels que des brosses à dents, des rasoirs, des briquets ou encore des tétines.

 Les auteurs de l’étude s’inquiètent ainsi de l’augmentation de la production de plastique passée de 1,7 million de tonnes en 1954 à 311 millions de tonnes en 2014. La majorité des objets fabriqués dans cette matière ne sont pas recyclables et représentent une menace importante pour les animaux qui vivent dans ces eaux ou sur les îles. "Nous devons repenser notre relation au plastique", juge Jennifer Lavers, la principale auteure du rapport. "Des objets qui ont été fabriqués il y a des années continuent de flotter dans l’océan aujourd’hui et pour les décennies à venir". 

Certaines entreprises telles que Carbios tentent d’inventer un futur sans plastique. La jeune entreprise clermontoise a imaginé un plastique d’emballage capable de disparaître en quelques semaines grâce au biomimétisme.

 Concepcion Alvarez, @conce1


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