Sur proposition d'un lecteur, le quotidien britannique a décidé d'étoffer son bulletin météorologique. Tous les jours, à côté de la carte des températures, on pourra découvrir un compteur carbone qui donnera la part de CO2 dans l'atmosphère. Une façon de sensibiliser au changement climatique alors que le niveau actuel atteint des records inégalés depuis trois millions d'années.

412,96 ppm (parties par million). C’est le nouvel indicateur publié chaque jour dans The Guardian à côté de la carte des températures et des prévisions météorologiques pour les jours à venir. Avec ce compteur carbone qui donne la part de CO2 dans l’atmosphère (nombre de molécules de CO2 par million de molécules d’air), le quotidien britannique souhaite sensibiliser ses lecteurs au changement climatique. À titre de comparaison, il indique aussi le niveau de CO2 de la semaine passée, celui de 2018, de 2009, de l’ère préindustrielle (280 ppm) et le niveau "idéal" (350 ppm).



"Quand nous avons lu le courrier d’un lecteur qui nous encourageait à publier cette donnée, nous avons pensé qu’il s’agissait d’une idée fantastique", explique la rédactrice en chef, Katharine Viner. "Inclure un relevé quotidien dans notre bulletin météo symbolise ce que l’activité humaine fait à notre climat. Il faut rappeler aux gens que la crise climatique n’est pas un problème seulement pour les générations futures, mais que nous devons nous en occuper dès maintenant. Chaque jour compte".
Le plus haut niveau depuis trois millions d’années
Selon de nouvelles données, la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi haute depuis trois millions d’année. Les scientifiques estimaient jusqu’alors que le niveau actuel égalait le record atteint il y a 800 000 ans, mais des carottes de glace et de sédiments marins prélevés à l’endroit le plus froid de la planète révèlent désormais que la barre des 400 ppm a en fait été dépassée pour la dernière fois il y a 3 millions d’années, pendant le Pliocène.
Les températures étaient alors 3 à 4°C plus élevées, des arbres poussaient en Antarctique et le niveau des océans était 15 mètres plus haut. "À 400 ppm, nous restons sur la trajectoire d’un climat similaire au Pliocène", prévient Tina van De Flierdt, professeur de géochimie isotopique à l’Imperial College. La calotte glaciaire du Groenland, qui contient assez d’eau pour faire augmenter le niveau des mers de 7 mètres, avait alors disparu. Et celle de l’ouest de l’Antarctique, "qui contient environ 5 mètres, avait probablement disparu".  
Concepcion Alvarez, @conce1 

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