Publié le 24 septembre 2014

ENVIRONNEMENT

Sommet mondial sur le climat : les 5 choses à retenir

Fonds vert, déforestation, tarification du CO2 : le sommet sur le réchauffement climatique, organisé à l’initiative personnelle du secrétaire général de l’ONU mardi dernier à New York, a vu quelques dossiers inscrits à l’agenda progresser. Tout du moins dans les discours de la centaine de dirigeants présents. C'est du côté des maires de grandes villes ou des citoyens qui ont défilé dimanche pour la Marche pour le climat qu’est venu le souffle d’air le plus neuf.

Sommet mondial sur le climat, plénière de l'ONU, le 23 septembre 2014
© Yin Bogu / XINHUA

Le chiffre : 1 milliard de dollars.

 

Le Fonds vert, imaginé dès 2009 pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique, a enfin reçu plusieurs enveloppes mardi dernier. A commencer par celle promise par la France, qui doit être "exemplaire", a dit François Hollande : 1 milliard de dollars à verser d’ici à 2018. Une somme équivalente avait été promise par l’Allemagne en juillet dernier. Barack Obama n’a, lui, évoqué aucune éventuelle contribution américaine. L’objectif affiché est de rassembler 100 milliards, chaque année, d’ici à 2020.

 

Le chantier : donner un prix au CO2.

 

C'est Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU et principal artisan de ce sommet de New York, qui a redonné vie à ce vieux serpent de mer en insistant sur la nécessité de "fixer un prix pour le carbone". Mais sans indiquer la méthode à suivre. La Banque mondiale a annoncé de son côté, lundi, une initiative réunissant 73 pays et un millier d’entreprises pour travailler sur ce prix du carbone, via une taxe ou un système de quotas échangeables et, ainsi, encourager une mutation vers des énergies vertes. L’Islande a promis mardi de devenir un pays sans énergies fossiles. Les Etats-Unis et plusieurs compagnies pétrolières, notamment Total et ExxonMobil, restent pour l’instant à l’écart.

 

Le coup dur : le Brésil et la déforestation.

 

Des engagements inédits ont été pris mardi pour lutter contre la déforestation: la Déclaration de New York sur les forêts  prévoit de réduire de moitié la déforestation d’ici à 2020 et de la stopper d’ici à 2030. De grandes entreprises, comme Asia Pulp & Paper, s’y sont associées. En parallèle devrait être lancé un vaste programme de reboisement, en partenariat avec les communautés indigènes. Problème: le Brésil a d’ores et déjà pris ses distances avec ce texte, disant avoir été tenu à l’écart des discussions. En 2013, la déforestation s’est accrue de 30% en Amazonie.

 

Les leaders de demain : les maires.

 

De Bonn à Istanbul en passant par New York ou Paris, des maires, notamment un groupe leader de 40 très grandes villes, ont décidé de prendre des engagements locaux de réduction des émissions de CO2. L’édile de New York, traumatisé par l’ouragan Sandy, a par exemple annoncé un objectif de 80% d’émissions de carbone d’ici à 2050. "Dans de nombreux cas, les maires vont loin et même au-delà de ce que les gouvernements font", relève le WWF. D’ailleurs, si, mardi, plus de 120 dirigeants étaient réunis à l’ONU, certains, et non des moindres, se sont fait remarquer par leur absence. Le président chinois Xi Jinping avait ainsi préféré se faire représenter par son vice-Premier ministre. Barack Obama, qui a pris soin de le croiser dans le couloir juste avant son intervention, a insisté sur "la responsabilité spéciale" de la Chine en matière de réchauffement climatique. Selon un rapport du Global Carbon Project (GCP), un consortium d’organismes de recherche internationaux de référence, un Chinois émettrait désormais plus qu’un Européen.

 

La dynamique citoyenne : le succès de la marche pour le climat.

 

Dimanche, une marée humaine de près de 400 000 personnes a envahi les rues de Manhattan, du jamais-vu, pour exiger de vraies politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Au milieu de la foule, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU. Mardi, il a proposé de s’appuyer fortement sur les industries et les ONG, via un "agenda des solutions", pour réduire les gaz à effet de serre. En attendant un accord global entre chefs d’Etat, le premier accord  international impliquant tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre espéré lors de la COP21 (la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques).
Ce sera à Paris, à la fin de l’année prochaine.

Fannie Rascle, correspondante à Washington
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