Publié le 14 septembre 2018

ENVIRONNEMENT

Sommet de San Francisco : Malgré les efforts de l'America’s pledge, les États-Unis vont louper leur objectif climatique

Depuis le 12 septembre, 4 000 représentants de villes, de régions, d’entreprises et d’ONG sont réunis à San Francisco pour avancer dans la lutte contre le changement climatique. Depuis l’annonce du retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, la mobilisation des acteurs non-étatiques notamment américains ne faiblit pas. Selon une nouvelle étude, le pays est déjà à mi-chemin de son objectif climat pour 2025.

America s pledge cop 23 flickr
Lors de la COP23, des défenseurs de l'America's Pledge se sont mobilisés après l'annonce du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris.
@Flickr/WRI

Voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Selon un nouveau rapport (1) publié à l’occasion du Global Climate Action Summit qui se tient à San Francisco jusqu’au 14 septembre, les États-Unis ne devraient accomplir que deux tiers de la réduction des gaz à effet de serre initialement fixée par Barack Obama pour l'accord de Paris à l'horizon 2025. C’est mieux que rien mais encore insuffisant.

Dirigée par le gouverneur de la Californie, Jerry Brown, et l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, l’initiative America’s Pledge, à l’origine de cette étude, a été lancée au lendemain de l’annonce par Donald Trump de retirer le pays l’accord de Paris. Sous cette bannière sont rassemblés tous les acteurs non-étatiques, investisseurs, entreprises, villes, États, qui continuent à se mobiliser pour le climat.

-17 % d'émissions d'ici 2025

Grâce à leur action conjointe, les émissions de gaz à effet de serre américaines devraient avoir baissé de 17 % en 2025 par rapport à 2005, précise le rapport, alors que le président Barack Obama avait fixé au moins -26% comme objectif. Mais, selon les auteurs, l'écart peut être comblé à -21%, voire -24%, si les engagements des acteurs non-fédéraux étaient revus à la hausse.

"L'objectif d'Obama allait toujours être difficile à atteindre", a expliqué Paul Bodnar, directeur du Rocky Mountain Institute, qui a codéveloppé le modèle ayant permis d'obtenir ces prévisions. "Ce travail montre de façon rigoureuse que les Etats, les villes et les entreprises ont le pouvoir d'amener le pays au seuil de cet ambitieux objectif, de leur propre autorité."

Le troisième pays le plus riche

Derrière l’America’s Pledge, 3 540 acteurs sont réunis. Ils représentent 173 millions de personnes, soit la moitié de la population américaine, à travers 50 États et 285 villes. Leur poids économique est lui aussi loin d’être négligeable. S’ils étaient un pays, ils seraient tout bonnement le 3e le plus riche, après les États-Unis en entier et la Chine.

Reste à savoir si cela fera le poids face à un Donald Trump bien décidé à saper tous les efforts environnementaux entrepris jusqu’ici. Depuis son arrivée au pouvoir, il a lancé le processus d'annulation de deux piliers du plan climat de son prédécesseur, sur les centrales au charbon et les normes antipollution des véhicules. Et il s’apprête à revoir les règles limitant les rejets de méthane, un gaz au pouvoir réchauffant global 28 fois supérieur à celui du CO2. La bataille est donc loin d’être gagnée.  

Concepcion Alvarez, @conce1

(1) Voir le rapport 


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