Publié le 11 août 2021

ENVIRONNEMENT

Rapport du GIEC : cinq chiffres marquants sur le réchauffement climatique et ses conséquences

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié le 9 août le premier chapitre de son sixième rapport, qui porte sur les bases physiques du changement climatique. Celui-ci fait un état des lieux des connaissances sur le climat et ses perspectives d'évolution en fonction des émissions de gaz à effet de serre. En voici cinq chiffres clés.

IStock @Don Mennig Istock fonte glaciers Alaska
La fonte des glaciers est déjà irréversible sur des centaines voire des milliers d'années.
@Don Mennig / Istock

+1,1°C

La température moyenne de la planète a augmenté d’1,1°C depuis les débuts de l’ère industrielle, "un niveau de réchauffement qui n’a jamais été observé depuis au moins 2 000 ans", souligne le GIEC. Le seuil d’1,5°C de réchauffement, qui permettrait de limiter l'ampleur des conséquences du dérèglement climatique, devrait être atteint plus tôt qu’escompté. Même dans le scénario le plus optimiste, avec une réduction des émissions de CO2 drastique et immédiate, un réchauffement de +1,5°C pourrait être atteint dès le début des années 2030, soit dix ans plus tôt que la précédente estimation. Mais le défi n’est pas encore perdu. Pour avoir 83 % de chance de rester sous la barre de +1,5°C, l’humanité doit émettre moins de 300 gigatonnes de CO2 estime le GIEC, soit l’équivalent de 10 ans d’émissions au niveau de 2019.

+5,7°C

Le GIEC a construit cinq scénarios d’évolution du climat en fonction des quantités d'émissions de gaz à effet de serre émises "à partir de maintenant". Si l’humanité continue la trajectoire qu’elle est actuellement en train de suivre, nous nous dirigeons vers les deux projections les plus pessimistes, soit un réchauffement d'ici 2100 de 2,8°C à 4,6°C pour le quatrième scénario, ou de 3,3°C à 5,7°C pour le cinquième. Même s’ils étaient respectés, les engagements pris lors de l’Accord de Paris en 2015 nous mènent à un réchauffement à 3°C. La dernière fois que la température globale de la planète était 2,5°C supérieure à celle observée sur la période de 1850-1900, c’était il y a trois millions d’années.

+1 mètre

D’ici 2100, l’élévation du niveau de la mer pourrait atteindre un mètre dans le cadre du pire scénario. La hausse du niveau global s'est élevée à 20 centimètres entre 1901 et 2018. Cette élévation a été plus rapide que tout ce qui a déjà été observé depuis au moins 3 000 ans. Un processus qui aura un impact sur le long terme : il est attendu que le niveau de la mer continue à augmenter pendant des siècles, voire des millénaires en raison de la fonte des glaciers et la hausse de la température des océans.

410 ppm

C’est du jamais vu depuis deux millions d’années au minimum. L’indice de concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a atteint 410 ppm, ou "particules par millions". Cette unité de mesure permet de savoir combien de molécules ayant un effet de serre se trouvent dans un million de molécules de l'atmosphère. Le GIEC réaffirme l’origine anthropique du réchauffement climatique. Depuis 1990, la production annuelle de CO2 a bondi de 63 %.

+156 %

Depuis 1750, la concentration de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 156 % pour atteindre un taux inégalé depuis 800 000 ans. Une tonne de méthane a un pouvoir de réchauffement global 84 fois plus élevé en moyenne qu’une tonne de CO2 sur une période de vingt ans. Dans ce nouveau rapport, le GIEC alerte plus que jamais sur la nécessité de réduire les émissions de méthane, sans quoi l’objectif d’1,5°C serait hors de portée. Environ 60 % des émissions de méthane sont imputées à l’agriculture, liées notamment à l’élevage de ruminants. Environ un tiers seraient émises dans le cadre de l’exploitation et du transport d’énergies fossiles. 

Pauline Fricot, @PaulineFricot 


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