Publié le 15 juillet 2020

ENVIRONNEMENT

Plan de relance vert, participation citoyenne, dividendes… Les cinq annonces de Jean Castex à retenir

Le nouveau chef du gouvernement a présenté le 15 juillet son discours de politique générale devant les députés. Au-delà de sa volonté de s'appuyer davantage sur les territoires, Jean Castex a annoncé consacrer 20 milliards d'euros à la relance verte, dédier 40 milliards à l'industrie et à la relocalisation et vouloir modérer la distribution des dividendes dans les entreprises aidées par l'État. 

Jean Castex GONZALO FUENTES POOL AFP
Le Premier ministre s'est dit partisan de la "croissance écologique" plutôt que la "décroissance verte".
GONZALO FUENTES POOL AFP

Plan de relance : 20 milliards d’euros pour l’écologie

Le Premier ministre, partisan de la "croissance écologique" plutôt que la "décroissance verte", a annoncé que le gouvernement allait consacrer 20 milliards d’euros à l’écologie, sur les 100 milliards que compte le plan de relance français. Cette somme sera destinée à la rénovation thermique des bâtiments, la réduction des émissions des transports et de l'industrie, l’alimentation plus locale et durable ou encore les "technologies vertes de demain comme les batteries", a détaillé le chef du gouvernement. Parallèlement, Jean Castex souhaite que la France devienne l’économie la plus décarbonée d’Europe. 

Des contrats de développement écologique dans les territoires 

Pour "ressouder" la France, face aux crispations et aux divisions, le Premier ministre compte s’appuyer sur les territoires, et cela concerne aussi la transition écologique. Jean Castex souhaite ainsi que "tous les territoires, je dis bien tous, soient dotés de contrats de développement écologique avec des plans d'actions concrets, chiffrés, mesurables, du développement des pistes cyclables à la lutte contre l'artificialisation des sols, de l'équipement des toitures photovoltaïques à la promotion du tri sélectif, de la lutte contre les gaspillages, à la promotion des énergies renouvelables, du nettoiement des rivières, aux économies d'eau, d'énergie et d'éclairage public."

L’intégration de la participation citoyenne 

Face à la crise de confiance entre les élites et les Français, en pleine crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron annonce la création de la Convention citoyenne pour le climat. 150 citoyens, tirés au sort, ont ainsi travaillé pendant des mois sur des propositions remises le 29 juin au chef de l’État. Un succès pour le gouvernement qui compte réitérer le processus. "La France est celle de citoyens qui aspirent de plus en plus à participer à la chose publique sous des choses nouvelles. Nous devons en tenir compte. Comme le président de la République l'a fait avec la convention citoyenne sur le climat. Comme nous allons le faire en transformant le CESE en conseil de la participation citoyenne. Il nous appartiendra ensemble de trouver les modalités de conciliation entre démocratie directe et démocratie participative", a déclaré Jean Castex.

40 milliards d'euros pour l’industrie et la relocalisation

Emmanuel Macron a fait de la relocalisation son nouveau cheval de bataille, pointant les défaillances de la France dans plusieurs secteurs stratégiques très dépendants de pays étrangers. "Nos fleurons sont passés sous pavillon étranger sans que nous puissions ou voulions réagir", a fait valoir Jean Castex qui va consacrer 40 milliards d’euros du plan de relance pour l’industrie et la relocalisation. "Nous allégerons les impôts qui pèsent sur la production en France. Nous réduirons notre empreinte carbone. Nous accélérerons la numérisation des entreprises comme des administrations. Notre souveraineté économique doit se construire à l'échelle de l'Europe", a-t-il déclaré.

Modération dans la distribution des dividendes

Alors que les grandes entreprises aidées publiquement vont devoir prendre des engagements écologiques, le chef du gouvernement va porter une attention particulièrement aux entreprises qui bénéficieront du plan de relance. Il les invite "à une stricte modération dans la distribution des dividendes comme cela a été le cas pendant la crise sanitaire. De la même manière, nous serons très exigeants sur les conditions de traitement des sous-traitants", a détaillé Jean Catex. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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