Publié le 13 novembre 2020

ENVIRONNEMENT

[Les raisons d’y croire] Time for the planet : un fonds d'investissement citoyen pour décarboner l'économie

Lutter contre la crise climatique depuis l’intérieur du système économique et financier, c’est l’ambition de "Time for the Planet". Ce nouveau fonds d’investissement à but non lucratif souhaite lever un milliard d’euros pour créer 100 entreprises innovantes en matière de décarbonation de l’économie. Un projet soutenu par le climatologue Jean Jouzel et qui a déjà séduit 5000 citoyens qui ont placé 1 million d’euros dans l’aventure.

Finance climat planete iStock calypsoart
Time for the planet est un fonds d'investissement à but non lucratif où les citoyens investissent dans les entreprises qui vont apporter des solutions, en open source, à la décarbonation de l'économie.
@calypsoart

Pour lutter contre le changement climatique, "jouons sur le terrain économique, mais avec nos propres règles !" Voilà le message prometteur de Time for the planet, un nouveau fonds d’investissement atypique puisqu’il est "à but non lucratif". Son objectif n’est donc pas de faire fructifier le placement de ses investisseurs mais de financer une économie bas carbone en levant 1 milliard d’euros destinés à créer 100 entreprises qui apportent des nouvelles solutions de décarbonation.

Parmi le type de projets qui pourraient être sélectionnées par le comité scientifique : des nouveaux matériaux pour remplacer le ciment très émetteur de gaz à effet de serre, de nouvelles technologies pour remplacer les data centers énergivores ou les engrais azotés qui polluent les terres agricoles. Pour être financées, ces entreprises devront se conformer à certains principes comme la réplicabilité à l’échelle mondiale et la capacité à générer des bénéfices sans brevet (open source). Un comité de plusieurs dizaines d’associés formés spécialement au sujet sera là pour y veiller.

5000 investisseurs en quelques mois

L'open source, "on pourrait se dire que c'est de la folie", commente Coline Debayle, l’une des co-fondatrices du projet. Mais à ceux qui les traiteraient de doux rêveurs elle réplique que face à "une telle urgence", "c'est laisser une bonne idée entre les mains d'une seule équipe" qui serait impensable. "On n'a pas le temps de changer le système économique. Alors on le prend tel qu'il est, pas parfait", plaide Denis Galha Garcia, un autre des six co-fondateurs. "On joue avec le système sans le détruire, pour l'orienter vers une fin qui nous semble plus saine".

Un discours qui a séduit en quelques mois près de 5 000 actionnaires pour un total de près d'un million d'euros. Et ce, alors que même en cas de succès, les investisseurs ne pourront pas récupérer leur mise de départ avant au moins 10 ans. Une "non lucrativité" et une absence de dividendes que les fondateurs mettent en avant. Mais pour les citoyens qui ont investi dans le projet, cela fait partie de la beauté de l’initiative et de ce qui lui donne du sens. "Ça ne nous rapportera rien, si ce n'est d'avoir participé à cette aventure s'il y a de belles choses qui naissent", estime Maxime Sorbier, qui travaille à la SNCF.

C’est aussi le cas de Philippe Depré. Cet ingénieur en agriculture a, pour l'instant, investi 50 euros. Sa motivation : se sentir vraiment acteur du projet et de la lutte climatique. "Je suis plus dans la logique du ‘pour’ que dans la logique du ‘contre’" qui n’a "jamais fait avancer l'Humanité". Le projet bénéficie aussi d’un soutien de poids en la personne de Jean Jouzel. Pour l’ancien vice-président du GIEC, le groupe intergouvernemental d’experts sur le climat, cette "initiative est porteuse d’espoir et résolument tournée vers l’action".

Béatrice Héraud @beatriceheraud avec AFP


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