On connaît désormais le nom du prochain président de la COP29, qui se tiendra à Bakou, en Azerbaïdjan, du 11 au 22 novembre 2024. Il s'agit de Mukhtar Babayev, actuel ministre de l'Environnement et des ressources naturelles azerbaïdjanais. À l'instar de Sultan Al Jaber, président émirati de la COP28, il vient lui aussi du secteur des énergies fossiles puisqu’il a passé 26 ans au sein de la société pétrolière et gazière publique d’État, Socar.

L’histoire se répète. Après avoir confié la présidence de la COP28 au patron de la compagnie pétrolière émirati Sultan Al Jaber, les Nations-Unies viennent d’annoncer dans une lettre datant du 3 janvier, révélée par Climate Home News, la nomination de Mukhtar Babayev à la présidence de la COP29, qui se tiendra en Azerbaïdjan à la fin de l’année. Le ministre de l’Environnement et des ressources naturelles azerbaïdjanais vient lui aussi du secteur des énergies fossiles puisqu’il a passé 26 ans au sein de la société pétrolière et gazière publique d’État, Socar.


Entre 1994 et 2003, Mukhtar Babayev est employé au Département des relations économiques extérieures puis il occupe jusqu’en 2007 un poste au Département du marketing et des opérations économiques. Il est ensuite nommé vice-président pour les questions environnementales, avec pour mission de tenter de limiter les dommages environnementaux de l’entreprise, avant d’entrer au gouvernement en 2018. Mukhtar Babayev sera assisté de Yalchin Rafiyev, le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, en tant que principal négociateur de la COP29. Âgé de 36 ans, il est décrit comme ayant une faible expérience en diplomatie climatique.

Un choix "inattendu"


Le choix de l’Azerbaïdjan comme hôte de la COP29, entériné à Dubaï, avait déjà suscité la polémique, le pays étant très dépendant des énergies fossiles, à l’instar des Émirats arabes unis qui ont accueilli la COP28. Cela fera donc deux années de suite que ce sommet international, crucial pour lutter contre le changement climatique, se tient dans un pays pétro-gazier. L’analyste des négociations E3G, Tom Evans, cité par Climate Home News a en outre qualifié ce choix d’"inhabituel et inattendu", car l’Azerbaïdjan "n’a pas une longue expérience en matière de diplomatie au sein de la branche climatique de l’ONU".
Des questions se posent également sur le plan des droits humains. Le pays, dirigé d’une main de fer par Ilham Aliev depuis 2003, après avoir succédé à son père, est classé 135e sur 167 dans l’indice de démocratie établi chaque année par The Economist. En octobre dernier, face à l’exode des Arméniens du Haut-Karabakh, les appels à mettre le pays sur liste noire se sont multipliés. À l’initiative de Paul Polman, ancien patron d’Unilever et vice-président du Pacte Mondial des Nations Unies, une poignée de dirigeants emblématiques dont Isabelle Kocher ou Richard Branson avaient adressé une lettre ouverte à Ilham Aliyev l’appelant à respecter les droits des populations arméniennes.
"Nous sommes très reconnaissants du soutien de tous les pays, en particulier ceux du groupe des pays d’Europe de l’Est et de l’hôte, les Émirats arabes unis. Nous nous engageons à travailler de manière inclusive et collaborative avec tous, afin que la COP29 soit un succès", avait promis Mukhtar Babayev lors d’un discours à la COP28 à Dubaï, samedi 9 décembre 2023. La COP29 devra notamment avancer sur la question des financements et mettre en œuvre l’engagement pris à Dubaï d’abandonner progressivement les énergies fossiles.
Concepcion Alvarez

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