Publié le 10 octobre 2017

ENVIRONNEMENT

L'administration Trump abroge le Clean Power Plan

Donald Trump l'a promis. Scott Pruit, chef de l'Agence américaine de protection de l'Environnement, l'a fait. Washington a abrogé le Clean Power Plan (CPP). Cette mesure, instaurée par Barack Obama, devait permettre d'abaisser la part du charbon dans le mix électrique du pays pour en diminuer les émissions de CO2. Mais dans les faits, la décision de la nouvelle administration aura peu d'effet puisque le CPP a été bloqué par la Cour suprême. 


Scott Pruit, chef de l'Agence américaine de protection de l'Environnement, lors d'une interview à Fox News en septembre 2017.

L'administration Trump a abrogé, mardi 10 octobre, une mesure phare de l'ex-président Barack Obama sur le climat, mettant en oeuvre une promesse de campagne du candidat républicain Donald Trump. Cette mesure doit favoriser la relance de l'industrie minière américaine.

Cette décision intervient alors que le Président américain a déjà annoncé début juin sa décision de quitter l'accord de Paris sur le climat, estimant qu'il était défavorable aux États-Unis. Cet accord avait été signé en décembre 2015 par 195 pays, dont les Etats-Unis de Barack Obama, pour limiter la hausse de la température mondiale.

Le président républicain revient sur le "Clean Power Plan" (plan pour une énergie propre) signé par son prédécesseur démocrate en août 2015. Cette mesure avait pour but d'accélérer la transition énergétique et d'imposer aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 32% d'ici 2030 par rapport à 2005. Le Plan entraînerait la fermeture de nombreuses centrales à charbon, les plus anciennes et les plus polluantes. Il est cependant bloqué depuis février 2016 par la Cour suprême, saisie par une trentaine d'États majoritairement républicains.

Conflit d'intérêts

"La guerre contre le charbon est finie", a lancé lundi le chef de l'Agence américaine de protection de l'Environnement (EPA), Scott Pruitt, lors d'un discours dans le Kentucky, une terre minière de l'est du pays. Ce plan, a-t-il affirmé, "était fait pour désigner les vainqueurs et les perdants (...) La précédente administration utilisait tout son pouvoir et son autorité pour faire que l'EPA désigne les vainqueurs et les perdants et la façon dont on fabrique de l'énergie dans ce pays. C'est mal".

Cette décision est "l'une des plus grosses attaques contre la santé publique, notre climat et la sécurité de chaque communauté aux Etats-Unis", a dénoncé Michael Brune du Sierra Club, l'une des plus importantes ONG environnementale américaine. Selon lui, le Clean Power Plan "empêcherait des milliers de morts prématurées et des dizaines de crises d'asthme chez les enfants chaque année".

Ken Kimmell, le président de "Union of Concerned Scientists", a estimé que l'annonce du chef de l'EPA était "entachée par un conflit d'intérêts". "M. Pruitt a participé à cette affaire en tant qu'avocat pour l'une des parties, puis comme juge et juré à l'EPA et désormais comme bourreau" du plan Obama, a-t-il expliqué. Selon la European Climate Foundation, "l'abandon du Climate Power Plan ne suffit pas, à lui-seul, à remettre en cause l'atteinte des objectifs des baisses d'émissions des États-Unis".

Réglementations "inutiles"

Donald Trump avait signé en mars le "décret sur l'indépendance énergétique", qui ordonnait un réexamen du plan climat de son prédécesseur. Il estimait que beaucoup de réglementations environnementales étaient "inutiles et destructrices d'emplois" et que l'EPA avait outrepassé ses prérogatives en limitant les émissions polluantes.

Selon l'Association nationale des mines, l'abrogation du Plan sauverait 27 700 emplois de mineurs et près de 100 000 sur l'ensemble de la chaîne d'utilisation du charbon. Cette énergie fossile reste une composante importante du paysage énergétique américain mais ce minerai ne représentait plus en 2015 que 21% de la génération d'énergie aux États-Unis, contre 32% pour le gaz naturel, 28% pour le pétrole et dérivés, 11% pour les énergies renouvelables et 9% pour le nucléaire, selon les chiffres de l'agence américaine pour l'énergie (EIA).

Novethic avec AFP


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